robin-woodard

Jardins partagés : utopie, écologie, conseils pratiques

mercredi 7 octobre 2009.

Dans ce livre très agréable, le monde parallèle et discret des jardins partagés s’ouvre à nous.

On y trouvera toutes les raisons de faire un jardin partagé dans son quartier, tous les trucs concrets pour commencer, des témoignages, des exemples très divers, des photos, une bonne bibliographie, etc. Et surtout, à travers ces micro-aventures politiques, on découvrira les paradoxes de notre société.

Car si le jardin partagé peut être une aberration économique menacée par la pression immobilière, c’est une excellente idée sociale. C’est simplement une activité agréable qui redonne confiance en soi. Et comme le jardin ne se fait jamais seul, l’activité recré du lien de voisinage, de l’insertion sociale (handicapés, immigrés, retraités, etc.), du plaisir partagé, ouvre d’autres imaginaires d’action… ce qui n’entre pas - même avec un chausse-pied - dans les équations économiques de la grande finance anthropophage. Avec les jardins, on apprend à sortir de nos tristes repères. « Sur ce jeu, nulle compétition. A quoi servirait de briller dans la solitude à un moment donné - qu’est ce que le moment donné ? - alors que tout se joue sur le décalage des espèces et des saisons. » C’est par les jardins partagés que « les villes établissent un nouveau mode de citoyenneté où le rapport à l’autre, débarrassé des hiérarchies, des calculs de bienséance et des luttes de pouvoir, s’ouvre sur un dialogue de nécessité face aux cloisonnements et aux exclusions » souligne la préface de Gilles Clément.

Comme des îlots de résistance [1], des TAZ ou des « laboratoires in vivo de la démocratie participative » dont la « source autogestionnaire remonte à Proudhon » (p 27), les jardins partagés sont les enfants batards de la belle autogestion populaire et du paternalisme administratif. Car si la force de l’organisation spontanée du quartier est necessaire, elle a souvent besoin de l’appui officiel de l’autorité (commune, région, etc.) pour survivre dans cette jungle immobilière et juridique. C’est ce paradoxe qui rend les jardins partagés si intéressants. Deux faces qui s’opposent et finalement se completent.

Richement coloré, bourré de photos, la mise en page est très belle et le cheminement de lecture n’est pas droit comme une rangée de maïs industriel, mais tortueux comme un jardin fou. Entre les photos qui distraient sans cesse, les encadrés attirants qui détournent du texte principal, on s’y perd mais avec plaisir.

En refermant le livre, on se pose deux questions : pourquoi est-ce que je n’ai pas découvert ça avant ? Et quand est ce qu’on commence [2] ?


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