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Derrière les OGM, c’est un projet de mort qui s’impose et Il faut réinventer le contraire du monde dans lequel nous sommes

De Jean-Pierre Berlan
mercredi 3 août 2011 par anik

L’agriculture. Un petit tour dans l’actu, et puis s’en va… Vitrine cosmétique, le salon qui lui est dédié a eu droit - comme chaque année - aux honneurs des médias feignant de s’intéresser au sujet. Leur traitement reste toujours le même : le cul des vaches, la visite présidentielle et - de façon générale - le chant lyrique d’une profession fantasmée. En filigrane, la volonté farouche de ne pas aborder les questions qui fâchent. As-tu par exemple vu le moindre reportage sur la désastreuse industrialisation de l’agriculture ? Absolument pas. En a-t-on profité pour revenir sur les brevets déposés sur le vivant par les multinationales, la dangereuse évolution des clones pesticides brevetés, ou encore la pente mortifère empruntée depuis des dizaines d’années par (presque) tout le secteur ? Pas plus. T’a-t-on - enfin - expliqué ce que tu avais dans ton assiette ? Encore moins [1]. D’où cet étrange paradoxe : le mot "transparence" a beau être mis à toutes les sauces, l’origine et le mode de production de ce qui arrive dans nos gamelles reste un mystère.

Secret ? Pas pour Jean-Pierre Berlan, ancien chercheur à l’INRA (aujourd’hui à la retraite). Il a réuni sur ces questions des textes passionnants, publiés en 2001 chez Agone sous le titre La guerre au vivant – OGM et mystifications scientifiques. C’est l’occasion d’une réflexion essentielle sur les biotechnologies, ces prétendues "sciences de la vie" qui porteraient selon lui bien mieux l’appellation de "nécrotechnologies".

Dans cet ouvrage, des chercheurs, scientifiques et "spécialistes" [2] reviennent ainsi minutieusement sur les OGM, traitant des risques de dissémination, des problèmes de santé, du manque d’"expertise" sur le sujet (puisque la plupart des études sont directement produites par les firmes qui en font commerce), de la question cruciale du brevetage du vivant, et du scandaleux pillage des ressources génétiques mondiales et de notre environnement par quelques firmes. Bref : de notre rapport d’apprentis sorciers à la vie sous toutes ses formes.
À travers un nécessaire retour sur l’histoire de la sélection variétale et l’industrialisation de l’agriculture à l’œuvre depuis deux siècles, Jean-Pierre Berlan montre au final l’importance cruciale (et le caractère éminemment dangereux) du projet de société qui transparait derrière l’application des principes marchands et de la logique industrielle au monde vivant.

Il a accepté de développer ici les raisons pour lesquelles les "clones pesticides brevetés" (les OGM) sont inacceptables, et en quoi ils ne sont en fait que la partie émergée d’un projet de société mortifère. L’entretien étant aussi long que passionnant, tu as droit à un premier jet aujourd’hui, à digérer avant de lire la deuxième partie qui sera publiée mercredi.

« Nous sommes dans une société de communication, c’est à dire dans une société de mensonge organisé, dans laquelle les mots sont imposés par les dominants pour nous rouler dans la farine. »

« Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. Or, la gratuité est une horreur absolue, un véritable affront vis-à-vis de la logique économique. »

la loi du profit s’oppose à la loi de la nature qui se reproduit gratuitement.


Lire les deux entretiens Derrière les OGM, c’est un projet de mort qui s’impose et Il faut réinventer le contraire du monde dans lequel nous sommes


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