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La question du maintien des troupes en Afghanistan divise l’OTAN

De Jean-Pierre Stroobants
samedi 20 février 2010 par anik

Les trois partis de la coalition de centre-gauche au pouvoir aux Pays-Bas ne sont, après quatre mois de pourparlers, toujours pas d’accord sur une éventuelle prolongation de la mission des militaires néerlandais en Afghanistan. Ils sont censés trouver un consensus avant le 1er mars. Le début du retrait des 2 000 soldats déployés dans la province d’Oruzgan, dans le sud du pays, doit, en principe, débuter le 1er août.

L’affaire prend une dimension symbolique pour l’OTAN et son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Il a adressé, le 11 février, une requête officielle au gouvernement de Jan Peter Balkenende, augurant une pratique qui pourrait viser les autres membres de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS).

Un refus des Pays-Bas de maintenir des soldats sur place alimenterait les doutes sur la stratégie de l’Alliance, au moment où elle prône une "approche globale" (militaire et civile) censée "gagner les coeurs" de la population en éliminant la menace des talibans. Ou, au moins, en la réduisant suffisamment pour amener, un jour, les plus réalistes d’entre eux à la table des négociations.

M. Rasmussen est, par ailleurs, soucieux de voir les Européens contribuer au renforcement des troupes sur le terrain après la décision américaine, fin 2009, d’envoyer 30 000 soldats supplémentaires pour inverser le cours de la guerre. Enfin, la décision néerlandaise pèserait sur les autres alliés.

Le Canada, qui a déployé quelque 3 000 hommes à Kandahar, en a perdu 140. L’opinion est lasse, le parlement a décidé d’un retrait en 2011, ce que le gouvernement d’Ottawa présente plutôt comme une date de "transition" . L’Australie (1 100 hommes) est, elle aussi, dubitative.

L’attitude de la France a apporté de l’eau au moulin des sceptiques et est déplorée dans certaines délégations de l’OTAN. Parce que Paris a répondu en traînant les pieds aux sollicitations de l’administration Obama qui aurait aimé que la France ajoute 1 500 militaires à son contingent actuel (3 750 soldats et 150 gendarmes) dans le cadre de l’effort demandé aux Européens (10 000 hommes de plus). Récemment, à Istanbul, Hervé Morin, ministre français de la défense, a parlé de "70 à 80" instructeurs qui contribueront à la formation de l’armée nationale afghane.

Certes, le siège de l’Alliance atlantique a engrangé des décisions plus favorables. L’Espagne a annoncé, vendredi 12 février, des renforts de 500 soldats et 40 gardes civils. D’autres contingents devraient être augmentés, dont ceux du Royaume-Uni (500 soldats de plus), de l’Italie (1 000) et de la Pologne (600). L’Allemagne a, elle, annoncé 500 personnels et 350 réservistes de plus mais évoqué un retrait à partir de 2011.

L’Alliance espère aussi, avant la fin du mois, combler le manque de formateurs de l’armée et de la police, soit 2 000 spécialistes supplémentaires, censés hâter la transition et permettre à M. Obama de respecter son calendrier : amorcer un retrait de l’armée américaine à l’été 2011 alors que la sécurisation du pays aura été améliorée et la population afghane majoritairement acquise à la cause occidentale.

Sur ce plan aussi, le "cas néerlandais" est lourd de sens pour l’OTAN. Si, pour l’Alliance, la mission des Pays-Bas est "exemplaire" , divers observateurs affirment que, retranchés dans leur "camp Holland", les soldats néerlandais n’ont fait qu’ajouter à la rancoeur de la population locale contre "l’envahisseur" .


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