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Du Yémen au Maroc en passant par l’Egypte et l’Algérie

vendredi 12 février 2010 par Karim Lakjaa

La situation économique du Yémen n’a cessé de se dégrader :
production pétrolière déclinante (elle représente 75% des recettes
étatiques) ; démographie galopante ; problèmes d’approvisionnement en
eau ; déficit budgétaire aggravé. C’est dans ce contexte qu’une
rébellion houtiste / zaydiste a lieu au Yémen. Les médias semblent la
découvrir, alors qu’elle couve depuis de nombreuses années.

Elle est le résultat indirect des attentats du 11 septembre 2001, à la
suite desquels le gouvernement yéménite s’engage dans une politique de
soutien sans borne aux Etats-Unis de Bush. En janvier 2002, un député du
Hizb el Haq, Hussein al Houthi (d’où la dénomination Houtiste) appelle
«  à combattre l’hégémonie américaine dans le monde arabe et musulman
 ». Cela en est trop pour le régime de Sanaa.

Depuis 2004, cette crise revêt une dimension internationale avec
l’intervention saoudienne et l’appui logistique très discret de la
France. En effet, depuis 2004, dans le cadre du projet «  Gouvernance
démocratique et sécurité
 » (GDS), la direction de la coopération
militaire et de défense (DCMD) est présente au Yémen. Un accord
technique a même été signé le 27 février 2005 entre la France et le
Yémen.

En 2009, pour éviter une extension de la rebellion d’obédience chiite,
accusée d’être soutenue par l’ennemi perse iranien, l’Arabie
saoudite, chancre du sunnisme (voudrait-on ressusciter les fractures du
monde musulman entre chiites et sunnites comme cela a été pratiqué en
Iraq depuis 2003 pour l’affaiblir que l’on ne s’y prendrait pas
autrement) est intervenu massivement. 250 villages saoudiens ont été
évacués de force avec leurs 175 000 habitants, dont certains de
confession chiite. Une zone tampon de 11 kilomètres (comme Israël au
Liban, la Turquie au Kurdistan iraquien) a été créée. Puis l’Arabie
saoudite a procédé à des bombardements aériens et au moyen
d’artillerie lourde. L’Arabie saoudite a également mis en place un
blocus naval contre le port de Chouqrah, au motif de la lutte contre la
piraterie dans le golfe d’Aden. Dernier pierre de l’édifice, le
Conseil de coopération du Golfe qui regroupe six Etats pétroliers de la
région (Arabie saoudite, Barhain, Emirats Arabes Unis, Koweït, Qatar et
Oman), a décidé le 15 décembre 2009 de la création d’une force de
réaction rapide. Le 17 décembre 2009, plusieurs attaques contre des
groupes d’insurgé au Yémen ont été opérées en présence de forces
spéciales américaines.

Parallèlement les Etats-Unis vont doubler leur aide militaire au Yémen
la portant à 140 millions de dollars. La Grande-Bretagne apportera, quant
à elle 22.5 millions d’euros en 2010 pour la création d’une force
anti-terroriste.

De manière plus globale, on constate l’équipement de forces armées
arabes impliquées aux côtés de l’OTAN dans le cadre de la
pseudo-guerre contre le terrorisme. En remerciement de la collaboration
nouée entre services égyptien et israélien (Unité 8200) et la NSA
(USA), le Caire devrait recevoir 24 chasseurs F16 (3 milliards de dollars),
comme ceux utilisés en Afghanistan ou en Iraq. De même, le Maroc devrait
également percevoir 24 F16. Quant à l’Algérie, elle va obtenir au prix
de 5 milliards de dollars, une centaine d’hélicoptères dont une
quarantaine de «  Merlins » identiques à ceux employés par la
Grande-Bretagne en Afghanistan. L’Algérie disposera alors de la
deuxième flotte d’hélicoptères au monde (la 1ère étant britannique)
à vocation anti-terroriste et contre-insurrectionnelle.

Karim Lakjaa


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