robin-woodard

La société sans qualités

De Corentin Oiseau
vendredi 4 décembre 2009 par anik

Le travail présenté ici se propose de renouer avec la théorie critique de la société. Il
constitue donc, plus précisément, une critique du capitalisme. Nous tenterons d’effectuer
celle-ci à la lumière de ce qu’il est convenu d’appeler : la « théorie de la valeur ». Cette
théorie fait son apparition dès le livre premier du « Capital » de Marx, pour ne se retrouver
ultérieurement au cœur des préoccupations que seulement d’une minorité de théoriciens, et
ceci jusqu’à nos jours. C’est à la faveur des travaux du groupe allemand « KRISIS » (anselm
Jappe, robert Kurz, norbert Trenkle....) qui réactualise l’analyse de la théorie de la forme
valeur depuis une quinzaine d’années dans sa revue homonyme, que le travail ci-après
trouve son opportunité.

INTRODUCTION

Le nouveau millénaire a vu resurgir la contestation sociale. Eteinte
depuis quelques lustres, elle s’est vue occupée de nouveau le devant de la scène, avec ce qu’il
est désormais commun d’appeler le « mouvement altermondialiste ». La critique du
capitalisme qui en émerge est majoritairement illustrée dans son option « anti-néolibérale »
(Negri, ATTAC et le mouvement altermondialiste ainsi que la totalité de l’extrême-gauche)
et croit en la possibilité de réformer ce système, d’y apporter des corrections politiques.
Pour ce faire, elle use du conflit théorique ouvert (les travaux d’Antonio Négri) et de
l’intervention sociale à un niveau international (manifestations contre le G8 et les forums
économiques mondiaux, création des forums sociaux mondiaux). Il s’agirait principalement
sous cette modalité de « libérer le travail » de la tyrannie du capital. De cette façon, il appert
que cette critique ne sort pas du périmètre de ce que l’on pourrait appeler un « marxisme
traditionnel
 ».En effet, pour toutes conceptions théoriques et sociales « alternatives », il
n’est proposé que de déterminer une distribution autre des catégories universelles qui
règlent les échanges entre les hommes (la marchandise, l’argent, le travail et la valeur), c’est-
à-dire sans pour autant opérer de critique catégorielle à proprement parler. La théorie de
l’exploitation semble éclipser l’analyse fétichiste. Ainsi, «  la logique de la marchandise »
n’est jamais nommée. De même que sa contradiction interne, qui, pour la théorie de la
valeur, est à la base même de la dynamique capitaliste, se trouve tout simplement niée : il ne
s’agirait simplement dans cette critique que de mettre en exergue la lutte du «  travail
honnête
 » et exploité contre une méchanceté subjective capitaliste dominatrice (patrons,
multinationales ou autres spéculateurs, desquels il faudrait libérer le travail exploité). Ce
faisant, elle semble manquer la véritable nature du capitalisme.

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