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De la décroissance écolo, bio et des précaires

vendredi 7 août 2009 par anik

L’été est un moment de rencontres. Certaines plus positives que d’autres mais cependant intéressantes dans ce qu’elles comportent d’échanges et d’apprentissages de l’autre. Ces rencontres permettent également d’approfondir des questionnements pour la réalisation de projets d’installation collective en bio dans un esprit de simplicité volontaire y compris avec des précaires.

De tous temps, l’écologie et la culture biologique ont été des éléments essentiellement élitistes, en effet cela demande des possibilités financières que seules des personnes avec un certain niveau de ressources peuvent se permettre.
Avec la décroissance autrement appelée la simplicité volontaire, un nouvel aspect très intéressant semble se développer : c’est la participation active et possible de personnes précaires. Il semble donc que ce mouvement permette enfin un espace d’acteur pour des "pauvres" souvent mis au ban de la société actuelle, société du profit et de la compétition très destructrice des humains et des rapports sociaux ainsi que de l’environnement.

Le site décroissance.info est une richesse d’expériences, de réflexions et de partage y compris dans son forum qui m’a permis de rencontrer des personnes vraiment intéressantes et surprise y compris dans ce coin des landes.

En effet, ceux qui "étudient" les concepts de sortir de l’économie, de créer de nouveaux liens sociaux respecteux de l’environnement et des personnes finissent par se retrouver sur le même terrain que certains "précaires" en recherche d’alternatives.
Il est évident qu’une partie des précaires se contente de vider les poubelles des supermarchés qui regorgent des produits de l’industrie agro-alimentaires - y compris au travers de certains restos du coeur qui ne sont que les redistributeurs de ces poubelles et des fruits et légumes pourris.
Une autre partie semble être prêts à considérer la prison, en volant pour survivre en prenant des risques évident et en n’hésitant pas à voler aussi bien des plus riches que d’autres aussi pauvres qu’eux sans aucune distinctions ni hésitations.
Mais il existe aussi des précaires qui sont soucieux de trouver un bout de terrain et de faire leur potager, verger, un peu de volaille collectivement afin de survivre sans mendier et en plus en se permettant ainsi de s’alimenter enfin avec des produits sains.

Il faut également savoir que les prix des magasins bio sont très élevés et donc réservés aux plus riches d’une part et d’autre part que ces mêmes produits dits "bios" sont en train de devenir eux aussi des produits industriels sous la pression de la commission européenne, mais également sont des produits issus de pays étrangers ce qui n’est certes pas écologique quand on considère les déplacements effectués.

Il existe deux problèmes essentiels pour la réalisation de tels projets :

- les personnes qui se regroupent pour former un tel collectif. C’est déjà en soi un immense défi et il faut du temps, mais une chose est certaine : seulE personne n’arrivera vraiment à faire ce qu’il/elle souhaite. Il nous faut donc réapprendre le collectif ou exactement inventer une nouvelle forme de collectif dans le respect de chacun.

- l’autre problème c’est l’accès à la terre.
Il semble que le béton et la spéculation immobilière dévorent la terre cultivable et que l’espace se restreint malgré un nombre important de petits agriculteurs qui mettent la clé sous la porte actuellement.
Tout le monde ne peut avoir accès au crédit et en plus cela reste lourd y compris au fil du temps avec le départ à la retraite des personnes.
Ceux qui deviennent propriétaires dans de tels projets rencontrent de nombreuses difficultés
et il n’est pas évident en cas de départ de trouver des personnes qui peuvent apporter de tels financements ; ni de gérer les héritages.

Il semble qu’il existe plusieurs façons de gérer l’acquisition du foncier mais ces solutions semblent rencontrer de nombreuses difficultés car de moins en moins adaptées à la situation actuelle : il s’agirait des sci (sociétés civiles immobilières), des gfam (groupement fonciel agricole mutuel) et d’associations.
Le foncier en rural semble être particulièrement complexe pour des néophytes avec des rôles qui semblent assez obscurs d’organismes comme la safer ainsi que des organisations syndicales.

Le logement social légalisé (bien ou mal, là n’est pas le sujet) dans les villes et villages n’a pas encore son équivalent pour le rural, les fermes et les terres.
Je me demande depuis pas mal de temps pourquoi les mairies ne pourraient elles pas investir également en créant des fermes sociales y compris collectives.

En écoutant radio zinzine comme pratiquement tous les soirs à 19 heures par internet, les gens de longo maï qui l’animent ont apporté à ma connaissance une possibilité toute récente qui est en train de se développer et qui répond à mes questions actuelles.

Il s’agit de l’action de terre de liens.
dont voici la présentation sur la page d’accueil de leur site que je vous propose d’aller consulter ainsi que de leur chartre :

Terre de liens propose de changer le rapport à la terre, à l’agriculture, à l’alimentation
et à la nature, en faisant évoluer le rapport à la propriété foncière.
Valorisant les dimensions collectives et solidaires pour l’accès à la terre et sa gestion,
les membres de Terre de Liens agissent, débattent et soutiennent les modes de vie
et les pratiques agricoles soutenables pour l’humanité et sa planète.


La Charte de Terre de Liens

Soutenir des projets socialement, écologiquement et économiquement pérennes

- Permettre l’installation ou le maintien de lieux agricoles biologiques ou biodynamiques, et plus généralement, soutenir les projets qui vivifient le sol, respectent les paysages et l’équilibre des écosystèmes
- Donner une chance aux porteurs de projet d’accéder à du foncier et du bâti
- Maintenir les fermes existantes et éviter l’agrandissement
- Favoriser la transmission de la terre et des savoir-faire en assurant leur continuité
- Favoriser la création d’activités rurales pluriactives, multifonctionnelles
- Privilégier les initiatives qui s’appuient sur les potentiels, les savoirs et les savoir-faire locaux
Encourager des dynamiques collectives et solidaires en milieu rural et périurbain

- Mettre en relation les différents acteurs impliqués dans l’usage, la gestion et la répartition du foncier ainsi que ceux impliqués dans la formation et l’accompagnement de projet
- Favoriser les relations entre consommateurs, producteurs d’un territoire (ex : AMAP)
- Favoriser l’expression des solidarités entre les générations, entre le rural et l’urbain, entre les milieux socio-professionnels
- Favoriser la mise en commun d’outils, de finances, d’expériences
Renforcer, par des actions, le débat sur la gestion de la terre et du bâti

- Encourager les collectivités locales à considérer comme essentiel le rôle de la terre comme ressource irremplaçable dans l’aménagement du territoire
- Fournir aux pouvoirs publics des expériences qui puissent être la base d’évolutions des règles et des pratiques
- Inciter les acteurs à imaginer et mettre en place une participation citoyenne à la gestion de la terre
- Permettre à chaque citoyen d’exercer sa responsabilité sur l’usage qui est fait de son territoire
- Lutter contre la spéculation foncière et immobilière
- Favoriser une législation sur le territoire et son application qui permette de maîtriser l’urbanisation (et de renforcer les ceintures vertes)

Un des aspects que je trouve le plus intéressant c’est aussi la façon de gérer la propriété ainsi que les actions et l’épargne solidaire. Il me semble en effet essentiel que les personnes ne soient plus propriétaires afin de sauvegarder les terres et de les retirer du marché et de les soustraire à la spéculation effrénée qui détruit la terre ainsi que des héritages destructeurs et complexes.

La réflexion doit continuer, ainsi que les rencontres j’espère car dans ces projets actuels il y a des catégories qui sont tout autant oubliés que dans la société industrielle : les handicapés, les plus âgés quinqua et autres, quelles places peuvent-ils/elles occuper ?
les projets de culture bio vont-ils être tout aussi excluant pour ceux et celles qui ont des limites physiques ?
Un des dangers imminent, me semble bien de transformer ce genre de projets en une nouvelle ère industrielle faussement bio, où la diversité humaine n’aurait pas plus sa place que la diversité animale et agricole, environnementale et énergétique.

Mais les choses se construisent et se réajustent petit à petit, Des alternatives peuvent exister et il faut espérer que chacunE pourra effectivement apporter sa pierre et construire quelques choses de sain, diversifié et surtout pas industrialisé !!


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