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Privatisation des services publics ! Quelles conséquences sur la vie des femmes

Par Monique Dental Animatrice du Réseau Féministe
vendredi 8 août 2008 par anik

La libéralisation et la privatisation des services publics vont avoir des conséquences sévères pour les populations. Et si tout le monde est concerné par le démantèlement des droits sociaux, les femmes le sont au premier chef car cette situation ne peut qu’aggraver les inégalités et la précarisation qui les touchent déjà majoritairement. Le recul des services publics va faire retomber sur elles la responsabilité des tâches qui ne seront plus assurées par la collectivité. Cette manoeuvre est déjà à l’œuvre avec les menaces de fermeture des petites classes d’écoles maternelles, par exemple.

Journal La Marseillaise

Chronique : Regards de femmes

Ce cadre libéral préserve et même réactive l’organisation patriarcale de la société. En effet, ce projet très rétrograde ramène les femmes à des activités de confort sociétal : garde des enfants, soins aux personnes âgées, service d’entre aide, bénévolats multiples qui les soustraient aux activités salariées.

Les premières évaluations des programmes européens d’ajustements structurels montrent déjà que la plupart des tâches réalisées par les Etats dans le passé sont désormais prises en charge gratuitement par les femmes*.

*C’est pourquoi nous réaffirmons que les services publics doivent être maintenus - et même renforcés - parce qu’ils sont des éléments d’égalité et de justice sociale. C’est pourquoi il est nécessaire également que les services publics soient étendus dans les pays de l’Union qui n’en
bénéficient pas encore.

Lors du Forum social qui s’est tenu à Bruxelles en 2002, des associations comme le réseau européen WIDE, « Femmes en développement », « Le Monde des Femmes » et « La Marche mondiale des Femmes » ont lancé des initiatives et
organisé des ateliers sur « Genre et Globalisation » et sur/« L’impact de la privatisation des services sur la vie des femmes ». Ces débats, qui ont été encore approfondis depuis trois ans, ont fait ressortir la nécessité d’alerter
sur les conséquences très spécifiques de la libéralisation de l’économie pour les femmes du Nord comme pour celles du Sud, lesquelles souffrent particulièrement de la privatisation des soins de santé. Il est donc extrêmement important de tenir compte de l’expérience de ces femmes
précarisées et appauvries pour ne pas mettre en place de nouvelles privatisations.

Si de nombreuses voix s’élèvent contre la marchandisation de l’eau, de l’éducation et des soins, l’impact des privatisations sur la vie des femmes n’est pas encore suffisamment pris en compte et reconnu. C’est pourquoi nos voix de femmes doivent être entendues dans ce débat puisque ONG, syndicats, organisations et partis ne prennent pas toujours en considération la dimension féministe de cette question, alors même que de nombreux témoignages montrent que les effets des privatisations des services publics
ne sont pas neutres et que l’impact de celles-ci est différent selon le sexe.

La dimension féministe des privatisations doit donc être visible au sein de nos composantes et de nos mobilisations, et la démarche féministe être présente dans tous les comités locaux et les groupes de travail traitant
des services publics, afin que puissent être partagées nos réflexions, nos expériences et nos luttes contre la mondialisation néo-libérale dans laquelle les femmes constituent une nouvelle main-d’œuvre particulièrement
flexible et vulnérable. Il appartient donc de trouver de nouvelles formes de solidarité en intégrant pleinement l’analyse féministe et son exigence de justice sociale


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