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L’industrie de la punition

jeudi 2 avril 2009 par anik

Les groupes humains ont besoin de normes et de règles pour assurer une certaine cohésion sociale en leur sein. Celles et ceux qui transgressent ces règles sont considéré-e-s comme des déviant-e-s. Elles et ils sont ramené-e-s dans le « droit chemin » par la sanction ou la stigmatisation, ce que l’on appelle le contrôle social. Le contrôle social peut inclure la punition (ou la menace de punition), notamment l’enfermement. En Occident, on enferme depuis longtemps les « fous » et les pauvres mais, avec la prison moderne, l’enfermement s’est généralisé. La prison est censée dissuader, prévenir la récidive, punir et rééduquer, mais elle ne remplit qu’une seule de ces fonctions : punir. Elle a pour but de séparer l’ivraie du bon grain, en l’occurrence, les classes dangereuses des « honnêtes gens ».

Si la reconnaissance de la victime, du préjudice qu’elle a subi, est légitime, le système pénal, en opposant la victime à l’auteur-e des faits, annule toute possibilité de réparation. Il donne le sens de l’acte commis et le rétribue en années de prison. Les victimes, avec le système pénal, ne peuvent rien attendre d’autre que l’enfermement de celui ou celle qui lui a fait du tort.

La demande de sécurité de la population est évidemment légitime. C’est toutefois souvent au prix des libertés individuelles que la sécurité est définie, une sécurité qui ne remet bien évidemment pas en cause l’ordre capitaliste, patriarcal et raciste. Le droit prend de plus en plus de place dans notre société, la sphère de la pénalité s’étend. On a beau construire de nouvelles prisons, les places restent insuffisantes au regard de l’augmentation du nombre de faits pénalisés et de personnes condamnées, mais aussi de l’allongement de la durée d’enfermement.

Un véritable complexe carcéro-industriel se met en place. Les détenu-e-s ne sont plus systématiquement mis-es au travail, mais l’Administration pénitentiaire continue à les exploiter, tout comme les entreprises privées, qui trouve là une main-d’œuvre bon marché. Avec l’ouverture des prisons aux entreprises privées, c’est une véritable industrie carcérale qui se met en place et qui renforce la tendance répressive de nos sociétés contemporaines.

Certain-e-s parlent du passage d’une société d’enfermement à une société de contrôle. La prison serait vouée à disparaître. Pourtant, on en construit toujours plus, notamment pour y enfermer les mineur-e-s. Avec la multiplication des « alternatives à la prison » (le bracelet électronique, par exemple) et des mesures de contrôle (fichage, biométrie), on assiste plutôt à l’avènement d’une seconde forme d’enfermement, hors les murs.

Dans d’autres sociétés, les mesures pour punir ou éloigner les déviant-e-s diffèrent. Mais y a-t-il des alternatives au-delà du bannissement et de l’exclusion ? Est-il nécessaire de punir ? Qui fixe les règles ? Dans une société sans État ni système de domination, quelle réaction face à celles et ceux qui transgressent les règles communes ?

Au sommaire

Analyses
Les luttes continuent…
Marseille 2013, la culture comme ultime coup bas
Informations et correspondances ouvrières

Histoire
« Le problème de la délinquance et de la criminalité »

En lutte
La bataille du rail

Dossier L’industrie de la punition
La prison un système politique et économique
Éduquer entre quatre murs ?
Le contrôle du genre
Dynamiter collectivement le « grand renfermement »
Vol au-dessus d’un nid de courroux
« Gestion des détenu-e-s », disent-ils…
Déviances, enfermement et punition
Socialiser la police et la justice ?
Hors les murs
Penser l’abolition de la prison

Horizons
Mexique : colombianisation, loi du plus fort et luttes sociales exemplaires

Entretien
La résistance par les ondes

Alternatives
Gruger ensemble

Contre-culture
Livres, Musique, Arts vivants – cinéma


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