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Les euphémismes de la résistance sociale au Liban

par Myriam Catusse
lundi 26 janvier 2009 par Pierre

Par rapport à d’autres pays de la région, la protestation sociale au Liban est à la fois euphémisée et exacerbée. Le monde syndical se relève mal des transformations du monde du travail (baisse de l’activité industrielle, arrivée massive de travailleurs étrangers très peu protégés) et des activités de sape qu’ont mené contre lui les pouvoirs publics dans les années 1990. L’Etat social n’est pas vraiment à l’ordre du jour dans un contexte où prévaut une insécurité politique exacerbée et des risques majeurs de guerre civile. En outre, l’insécurité sociale au Liban entretient une « poche » d’action commune à nombre d’acteurs politiques, grâce à laquelle sont maintenues des formes de clientélisme. Ces dernières menées par des patrons locaux ou des groupes politiques (le cas du Hezbollah est souvent mis en exergue mais n’est pas unique) produisent de l’emploi, elles consolident la gratitude que leurs bénéficiaires peuvent éprouver à l’égard du parti ou du bienfaiteur elles nourrissent, pour ceux qui s’y mobilisent, le sentiment d’accomplir une « mission » qui est aussi celle du groupe infra national, dont beaucoup revêtent un caractère communautaire. Ceci explique pourtant que la résistance sociale est à la fois latente et rarement exprimée en tant que telle hors de toute accroche à un discours politique, partisan et communautaire.

Source HAL-SHS

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