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Les 10 entreprises transnationales les plus grandes de la planète

De Silvia Ribeiro (chercheuse du groupe ETC)
samedi 27 décembre 2008 par anik

Ceux qui veulent manger le monde - Les 10 entreprises transnationales les plus grandes de la planète contrôlent : 67 % du marché des graines ; 89 % du marché mondial d’agrochimiques ; 26 % des ventes globales au consommateur ; 55 % du marché pharmaceutique, 63 % de la pharmacienne vétérinaire et 66 % de l’industrie biotechnologique.

Dans beaucoup de cas, les mêmes entreprises se répètent dans différents secteurs, ou elles ont des accords mutuels qui leur permettent un contrôle dans leur secteur et dans les chaînes de secteurs associés. C’est toujours le supermarché WalMart, la plus grande entreprise du monde, étant la 26 ème parmi les 100 plus grandes économies de la planète, beaucoup plus grande que le PIB de pays entiers comme le Danemark, le Portugal, le Venezuela ou Singapour.

La disparité de revenus individuels dans le monde a également crû. La richesse accumulée des 1 125 individus les plus riches du monde est de 4.4 milliards de dollars. Ce chiffre est plus grand que les revenus cumulés de la moitié de la population adulte de la planète. 50 administrateurs de fonds financiers (hedge funds et equity funds), les grands spéculateurs qui ont provoqué la "crise", ont gagné en 2007 une moyenne de 588 millions de dollars, 19 mille fois plus que le travailleur étasunien moyen et 50 mille fois plus qu’un travailleur latino-américain moyen. Le directeur exécutif de la financière Lehman Brothers, maintenant en banqueroute, a empoché 17 mille dollars par heure en 2007 (données de l’Institute for Policy Studies).

Une absurde minorité d’entreprises et quelques multimillionnaires qui possèdent leurs actions contrôlent d’énormes pourcentages des industries et des marchés fondamentaux pour la vie, comme l’alimentation et la santé.

Cela leur permet une puissante ingérence sur les politiques nationales et internationales, accomodant à leur convenance les régulations et les modèles de production et de consommation qui s’appliquent dans les pays, qui sont à leur tour causes des plus grandes catastrophes alimentaires, environnementales et de santé.

L’un des exemples les plus tragiques de cette ingérence est la privatisation et la conversion du système agroalimentaire, quelques décennies auparavant décentralisé et basé majoritairement sur des graines en accès libre, en eau, terre, soleil et travail humain, pour le convertir en une machine industrielle pétrolisée, qui exige de grands investissements, des machines chères, des quantités dévastatrices d’agrochimiques (mieux appelés agrotoxiques) et des graines patentées contrôlées par certaines entreprises. Bien que de plus grandes quantités de quelques grains ont été produites, cela n’a pas résolu la faim dans le monde comme ils le promettaient, mais au contraire elle a augmenté. Le bilan en terme d’érosion des sols et de biodiversité agricole et d’élevage, avec la pollution chimico-toxique des eaux, n’a pas de précédent dans l’histoire de l’humanité. Le tout accompagné, comme si c’était peu de chose, d’une crise croissante au niveau de la santé humaine et animale (qui est aussi un négoce pour les mêmes entreprises).

Le paradigme le plus significatif de cette "involution verte", sont les transgéniques, des graines patentées dépendantes des chimistes des entreprises, promues comme panacée pour résoudre les actuels problèmes de la faim que le propre modèle a créés. Mais l’usage d’engrais industriels, au lieu de l’équilibre de nutriments naturels des modèles d’agriculture antérieurs, provoque aussi une addiction et une dépendance et est aux mains d’un oligopole fermé transnational. Comme le pétrole, il est basé sur l’usage de produits finis et non renouvelables : selon des données de PotashCorp, la première entreprise globale d’engrais, les réserves de phosphore, un ingrédient fondamental des engrais, diminuent à un rythme accéléré. Globalement, la consommation industrielle d’engrais a augmenté de 31 % entre 1996 et 2008, grâce au développement de l’élevage industriel et de la production d’agrocombustibles. Et avec les crises, les prix ont augmenté de plus de 650 % entre janvier 2007 et août 2008. Il n’est pas étrange que Mosaic, la troisième entreprise d’engrais au niveau global (propriété à 55 % de Cargill) ait augmenté ses bénéfices de plus de 1000 % pendant cette période.

Les solutions réelles existent déjà et sont diamétralement opposées : souveraineté alimentaire, comme le propose La Via Campesina, à partir d’économies agricoles décentralisées, diverses, libres de brevets, basées sur la connaissance et les cultures paysannes.

Silvia Ribeiro (chercheuse du groupe ETC), La Jornada (Mexique), 06 décembre 2008.
http://www.jornada.unam.mx

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr


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