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Ruinés par la crise, les cowboys laissent mourir leurs chevaux

Par Armelle Vincent
jeudi 4 décembre 2008 par anik

Confrontés à la crise économique, des Américains appauvris abandonnent ou affament leurs chevaux. Dans tout le pays, l’épidémie se propage. Les mêmes scènes lugubres se reproduisent : des bêtes amaigries à l’extrême errent sans but sur d’anciens pâturages rendus stériles par la sécheresse.

Ne pouvant plus ni les nourrir ni payer des soins vétérinaires devenus trop coûteux, leurs propriétaires les déposent loin de chez eux. Ou les laissent dépérir dans des étables.

Certains succombent à la famine, d’autres sont secourus par des organisations comme la Unwanted horse coalition (Coalition des chevaux non désirés) ou des particuliers comme l’épouse du magnat du pétrole T. Boone Pickens, Madeleine.

Celle-ci vient d’annoncer un plan de sauvetage de 30 000 mustangs et ânes sauvages vivant sur des terres fédérales du Nevada (le Bureau of Land Management avait planifié d’abattre 2000 d’entre eux prochainement).

Les raisons de cette tragédie sont multiples. Elles sont d’une part liées à une économie en déroute et d’autre part à la fermeture, l’an dernier, des trois derniers abattoirs spécialisés (qui “traitaient” une moyenne de 100 000 chevaux par an, d’après l’American Veterinary Medical Association), suite à la décision de plusieurs tribunaux d’interdire la tuerie des chevaux destinés à la consommation humaine.

Comme l’explique la directrice du Dreamcatchers Equine Sanctuary, Julie DeMuesy, qui vient de sauver 101 chevaux d’une mort certaine :

"Nous sommes confrontés à de nombreux cas de chevaux âgés ou malades qui seraient normalement envoyés à l’abattoir. Mais en leur absence, les gens les laissent dépérir. Ils n’ont malheureusement pas d’autre choix."

John Chaffee, un cowboy du Montana qui transporte régulièrement des chevaux vers les abattoirs du Canada ou du Mexique, ajoute :

"Les militants de la cause animale qui ont réussi à obtenir la fermeture des abattoirs devraient avoir des chevaux mourant de faim dans leurs jardins. Peut-être qu’ils réaliseraient l’absurdité de leur position.

En Arizona, le Département de l’Agriculture a récemment saisi 528 chevaux sur des terres fédérales et privées. Dans le Wisconsin et en Géorgie, respectivement 145 et 99 chevaux ont été secourus par des associations équestres.

En Californie, des chevaux squelettiques ont été découverts chez des particuliers de Rancho Cucamonga et de Victorville, dans la région du haut désert.

Certains chevaux sont suppliciés par des familles au désespoir, victimes de saisies immobilières ou d’un chômage récent. Désormais à la rue ou insolvables, on voit mal comment ils pourraient continuer à nourrir leurs animaux.

Nourrir un cheval coûte actuellement entre 200 et 400 dollars mensuels. En un an, le prix du foin a doublé. L’augmentation du prix de l’essence a contribué à celle de son transport. De plus, la sécheresse qui sévit dans l’ouest américain a entraîné une sérieuse diminution des récoltes.

D’après l’American Horse Council, plus de deux millions d’Américains possèdent aujourd’hui environ neuf millions de chevaux. Un tiers d’entre eux ont des revenus annuels égaux ou inférieurs à 39 000 Euros.

En milieu rural, le cheval est considéré comme un animal domestique. C’est un rescapé de la culture cowboy, du reste bien vivante dans de nombreux Etats.

En se promenant dans le pays, il est ainsi courant de voir des chevaux devant les maisons les plus modestes. Dans le nord du Nevada, j’en ai même vus autour de ‘mobile homes’ décrépis. Avant la sécheresse, sans doute que ces logis étaient entourés de verdure, nourriture gratuite pour les chevaux. Aujourd’hui, les terres sont désertiques. Et les chevaux se meurent.

Lu sur rue89


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