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Un peuple armé seulement avec la force de la parole

De Níkolas STOLPKIN
mardi 25 novembre 2008 par anik

La Colombie n’est pas ce « paradis » décrit parla chaîne CNN qui parvient jusqu’en Amérique latine. Il faut que cela soit très clair. Cette campagne de propagande pour attirer des touristes est une façon de cacher aux yeux du monde un conflit qui maintient le peuple colombien noyé dans la peur, la misère et la mort.

Introduction

«  Colombie : Le risque est que tu veuilles t’arrêter  »

La Colombie n’est pas ce « paradis » décrit parla chaîne CNN qui parvient jusqu’en Amérique latine. Il faut que cela soit très clair. Cette campagne de propagande pour attirer des touristes est une façon de cacher aux yeux du monde un conflit qui maintient le peuple colombien noyé dans la peur, la misère et la mort. La Colombie est plus que ce « petit sourire » insouciant propagé avec insistance par CNN. Elle est larmes, joie, douleur, impuissance…Elle est peur, misère et mort, mais par-dessus tout elle reste toujours ESPOIR. Elle n’est pas un peuple vaincu, bien au contraire, elle a des cicatrices marquées par la lutte. Ce serait une erreur de l’enfermer dans un symbole qui ne la représente pas réellement. La Colombie est indigène, noire, métisse, paysanne, urbaine, étudiante, au chômage, déplacée, victime de violence, elle est exploitée…

Aujourd’hui, tandis que beaucoup regardent des feuilletons, des programmes comiques, des «  sagas » de «  célébrités » locales ou des catastrophes naturelles, la Colombie vit une grande marche historique que les médias de masse s’obstinent à ignorer. Une marche populaire qui refuse d’accepter la politique dictatoriale d’un gouvernement et d’institutions contaminées jusqu’à la moelle par le narco-paramilitarisme. En ce moment cette marche se dirige vers Bogotá, capitale de la Colombie. C’est la Minga des Peuples, la résistance indigène et populaire, résistance sociale et communautaire, la Colombie organisée avec une seule voix qui dit : ASSEZ ! Plus d’humiliation, plus de disparitions, de persécution politique, de misérables conditions de travail et de salaire, de conduite répressive contre les travailleurs, les étudiants, les urbains, les indigènes, les paysans, ¡BASTA YA !

Beaucoup d’«  analystes » sont surpris du fait que ce soit les « indigènes » qui conduisent cette mobilisation massive [1]. Toutefois, il n’y a pas lieu d’être surpris puisque les indigènes et les paysans colombiens portent sur leurs épaules des années de lutte contre des politiques répressives et d’exclusion que mettent en œuvre, tour à tour, les gouvernements génération après génération, c’est pourquoi les niveaux d’organisation sont très développés.

En outre, il faut souligner que cette politique n’est pas exclusivement dirigée contre le monde indigène mais contre l’ensemble du peuple colombien. Et ce que le gouvernement colombien souhaite voir en ce moment c’est un «  problème indigène » et non un problème colombien. Ils sont gênés que les peuples indigènes et paysans mettent sur la table les demandes et les revendications de tous les Colombiens victimes de la politique répressive et d’exclusion. Cela les dérange de savoir que les peuples oubliés de la Colombie sont capables de s’organiser et de mobiliser des masses, bien que les médias de masse, tant locaux qu’internationaux, s’obstinent à les taire ou d’une certaine façon à les ignorer.

Octobre : Le mois de la Résistance Indigène et Populaire

Il faut rappeler qu’en Colombie, le peuple souffre de la violence politique et militaire institutionnelle qui existe déjà depuis plusieurs générations. Ce n’est pas une chose qui vient de naître depuis deux mois.

Qu’en octobre ait émergé tout ce mécontentement social et organisé dans le cadre de la Minga de résistance indigène et populaire, cela nous montre le dégoût d’un peuple qui porte sur les épaules un lourd vécu historique, des attaques et des humiliations envers le peuple indigène et paysan.

Le mois d’octobre représente un mois symbole de la résistance des peuples indigènes en Amérique latine. Il n’est la date d’aucune célébration, contrairement à l’homme «  blanc » qui célèbre la « découverte » ou la « rencontre » de deux mondes. Pour les indigènes colombiens, il signifie ce qu’ils vivent jusqu’à présent dans leur propre chair : extermination, humiliation, soumission, spoliation [2]..

Ce n’est pas par hasard que durant ces huit dernières années, période qui coïncide avec la dictature uribiste, plus de 1.250 indigènes ont été assassinés, comme l’indique Luis Evelis Andrade, président de l’Organisation Nationale Indigène de la Colombie, ONIC[1] (fondée en 1982) [3]. En plus de ces assassinats, il y a les indigènes déplacés : plus de 50.000 l’ont été durant ces six dernières années. C’est-à-dire, qu’entre indigènes et paysans, ce sont 4 millions de personnes qui ont souffert directement durant ces 20 dernières années. Dans la même période, 3.000 syndicalistes ont été assassinés et plus de 7.000 prisonniers politiques emprisonnés que le Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques colombiens (Cspp) a comptabilisés en Colombie, dont la majorité sont des paysans. Alors nous pouvons dire, qu’ici, les choses ne sont pas si belles que veut nous le faire croire CNN (en espagnol) et que dire qu’on est dans un « État Démocratique » est simplement une absurdité. Ce sont des chiffres dont il faut bien tenir compte si nous souhaitons rechercher ce qui génère une si grande adhésion à l’appel indigène qui a été lancé le 10 octobre dernier.

Nous devons mettre l’accent sur le fait qu’en Colombie, les menaces, les meurtres, les violations, les humiliations etc., sont des actes qui se déroulent dans la cadre de la soi-disant « sécurité démocratique », une politique mise en œuvre par le gouvernement d’Álvaro Uribe (Note 1 : le «  président » gouverne depuis 2002). Ajoutons à ce qui précède, que 95% des violations des droits humains restent totalement impunies (4).

Il est déplorable que l’information sur tous ces actes n’arrive pas à être diffusée de par le monde et encore moins dans les médias colombiens, sauf lorsqu’un Usaméricain ou un parlementaire colombien est assassiné.

Avec le meurtre de Raúl Mendoza Hío (45 ans), gouverneur indigène du conseil municipal de Peñón, Commune de Sotará, et ex-conseiller principal du CRIC (Conseil Régional Indigène du Cauca), qui s’est produit le 28 septembre de cette année, nous pouvons dire que c’est la « goutte » qui fera déborder le vase. Après avoir été constamment menacé de mort, pour avoir mené un processus de récupération de terres - ou comme on le dit localement de «  libération de la Mère Terre » - dans la propriété les Naranjos, Commune de Sotará, Cauca (Sud-ouest de la Colombie), il a été finalement abattu par un tueur à gages (5).

Jours clé de la Minga des peuples

1er octobre - Appel national à la mobilisation et à la lutte

Trois jours après le décès de Raúl Mendoza, les organisations indigènes groupées dans l’ONIC ont lancé un appel à se mobiliser et faire du mois d’octobre un mois de protestations sociales, «  indignés par le génocide, le renforcement des paramilitaires, le manque de garanties de l’État, la violence et la mort ». Ils ont affirmé clairement que le mois d’octobre serait un mois de résistance pour défendre leurs vies, leurs territoires et leurs droits (6).

Mais plus important encore, ils ont clairement laissé entendre dans l’appel national à la mobilisation et à la lutte, que leur lutte n’est pas si différente que celle des paysans exploités, des sans-toits, des secteurs afro-descendants, des travailleurs mal payés, etc. Et que les organisations sociales ont le « devoir et le défi d’édifier un consensus qui unifie nos luttes, pour battre toutes les mesures que ce régime a imposées au prix de nos vies et de notre bien-être »…« Notre devoir est d’unifier les luttes, nous devons renforcer l’opposition politique face à un régime qui a été cimenté sur la base de la stratégie paramilitaire » (7).

3 octobre – Solidarité avec les coupeurs de canne de la Vallée du Cauca et les travailleurs de la justice regroupés dans l’ ASONAL JUDICIAL [Association Nationale des Employés du Secteur Judiciaire]

L’ONIC exprime sa position politique et sa solidarité avec les coupeurs de canne de la Vallée du Cauca, qui se sont mis en grève dans le département de la vallée du Cauca et dans tout le pays. Ainsi qu’avec les travailleurs de la justice syndiqués à ASONAL qui sont en grève générale depuis un mois (8).

9 octobre – Lettre ouverte au Président de la République – COORDINATION AGRAIRE DU CAUCA[2] (9)

En plus d’exprimer leurs justes revendications et de signaler qu’ils sont en marche avec la Minga de résistance sociale et communautaire du Sud-ouest de la Colombie, dans cette lettre ils exigent la présence d’Álvaro Uribe le 14 octobre à La María Piandamó. Rendez-vous auquel il ne viendra pas.

11 octobre – Les peuples indigènes emplissent le pays d’espoir

Dans chaque coin du pays les peuples indigènes se sont levés avec la force de la parole pour dénoncer les attaques de l’État colombien, et qu’ils sont objets de menaces, de déplacement, d’humiliations et de mort (10).

12 octobre – Un militant indigène est assassiné dans le Cauca (Sud-ouest de la Colombie)

Nicolás Valencia Lemus (39 ans), est criblé de balles en descendant de son véhicule et en présence de sa femme et de son fils. Nicolás Valencia était le frère de leaders reconnus du mouvement indigène du Cauca. Ce meurtre s’ajoute à ceux commis les jours précédents et faisant partie de la stratégie de terreur contre le processus indigène (11).

14 octobre – Aux actions de la résistance sociale, le gouvernement colombien répond par des balles

Les forces coercitives de l’État colombien répriment les manifestations pacifiques des indigènes qui se déroulaient sur la route Panaméricaine à la hauteur du secteur de la María Piendamó dans le cadre de la Minga de résistance et dans l’attente d’Álvaro Uribe. Les attaques laissent de nombreux blessés, certains d’entre eux dans un état très grave (12).

L’Association de conseils municipaux indigènes du Nord du Cauca (ACIN) sollicite une protection à la Cour Interaméricaine des Droits Humains par rapport à la force démesurée utilisée contre la protestation pacifique exprimée dans le Cauca (13).

15 octobre – Davantage de répression contre les manifestants qui attendent pacifiquement à La María Piendamó que le gouvernement honore son rendez-vous (14).

Très tôt le matin, l’armée, la police et l’ESMAD (Escadrons Mobiles Anti-Émeutes) commencent à déloger avec violence les militants indigènes. On informe qu’ils sont entrés en faisant feu avec des armes à longue portée. Ils font venir des tanks et des hélicoptères pour renforcer les troupes (14).

Le Conseil suprême du CRIC porte à la connaissance officielle que les ESMAD ont assassiné à la machette un militant indigène et l’ont laissé sur le bas-côté d’un pont en bloquant l’accès et empêchant de venir le récupérer (14).

Un infiltré des forces militaires est retenu par la garde indigène. Son nom est dévoilé, il s’agit de Jairo Danilo Chaparral Santiago. Soldat professionnel et appartenant à une unité de contre-guérilla, il est parvenu à se mêler aux manifestants grâce à ses traits indigènes. Au moment de sa capture le militaire infiltré portait avec précaution des vêtements militaires, des téléphones portables, et un cahier avec des instructions militaires. L’infiltré avait pour tâche de collecter des informations, d’exécuter des attentats et des montages contre les autorités et d’autres membres des communautés indigènes présentes à La María Piendamó (15).

Selon l’information diffusée par le CRIC (16), le bilan de l’action combinée disproportionnée des escadrons de l’ESMAD avec l’armée colombienne entre le 14 et le 15 octobre fait état d’un mort et de 89 blessés graves (Note 2 : plus tard, le nombre de blessés dépassera la centaine), la destruction et le délogement de 8 familles se sont produit sur le territoire de cohabitation, dialogue et négociation à La María Piendamó,.

17 octobre – Nouvelle incursion répressive contre les indigènes.

Dernièrement la brutalité militaire devient présente à l’intérieur La María (Cauca) où 10 000 indigènes environ étaient concentrés depuis le début de la Minga de résistance sociale et communautaire. Les faits seraient très graves, puisque les forces répressives sont entrées dans un territoire éloigné de la route Panaméricaine (Note 3 : la Panaméricaine est une route importante qui est reliée avec Équateur) (17).

18 octobre – Communiqué : la Minga poursuit son chemin, et à partir du mardi 21 octobre elle ira jusqu’à Cali (capitale du département Vallée du Cauca) (18). (Fin de la première phase de la Minga de résistance indigène et populaire).

23 octobre –La marche continue sa progression vers Cali.

25 octobre – La grande marche indigène et paysanne arrive à Cali. On espère que le lendemain, il sera possible de dialoguer avec Álvaro Uribe (19).

26 octobre – Álvaro Uribe ne se présente pas comme cela avait été décidé, pour rencontrer les marcheurs au Centre Administratif Municipal (CAM) de la ville de Cali. (Fin de la seconde phase)

45.000 personnes environ regroupant, indigènes, paysans, coupeurs de canne, travailleurs et étudiants ont attendu au CAM pour respecter une rencontre avec le président Álvaro Uribe, mais elle ne concrétisera pas soi-disant parce qu’il n’y avait pas la « sécurité » suffisante pour dialoguer au cours de la rencontre (20).

De manière surprenante, les médias diffusent l’information que l’ex congressiste Oscar Tulio Lizcano vient d’être libéré après s’être enfui avec un supposé membre des FARC-EP qui l’a aidé à s’échapper. Ce sera précisément cette information qui sera reprise par tous les médias, tant au niveau local qu’international, ils inonderont tous les espaces informatifs et arriveront à masquer l’information sur la [non] rencontre entre le président et les manifestants regroupés près du Centre Administratif Municipal (CAM) (21).

Le rassemblement des manifestants ayant pris fin et alors que la majorité d’entre eux s’était dispersée, le président Álvaro Uribe se présente alors. Une attitude qui a été mal acceptée par ceux qui restaient encore sur les lieux. Et à la nouvelle proposition des dirigeants indigènes de se réunir le lendemain dans un stade [Pascual Guerrero], il a répondu que son « agenda ne le lui permettait pas ». Toutefois, le jour suivant, le gouvernement a proposé qu’il dialoguerait avec les indigènes le 2 novembre à Popayán (Capitale du département du Cauca, dans le Sud-ouest) (22).

2 novembre – Rencontre entre le président Alvaro Uribe et la Minga de résistance (Fin de la Troisième phase)

Aucun accord ne peut être obtenu avec le gouvernement. Par conséquent la minga continue (23). Le « débat » public entre le gouvernement et les représentants de la minga a duré six heures. Le gouvernement n’a pas apporté de réponses concrètes en ce qui concerne les cinq points sur l’agenda national (24), il s’est contenté de s’étaler sur les bontés de son gouvernement, en promettant un autre débat et d’autres réunions de concertation (23).

10 novembre – la Marche vers Bogota débute pour ceux de l’Ouest colombien à partir de l’Universidad del Valle, à Cali, la ville où le président Álvaro Uribe a laissé sa « chaise vide ». (Début de la quatrième phase).

Les médias de masse s’efforcent d’ignorer la Minga de résistance

Pour l’instant, la quatrième phase de la Minga de résistance suit son cours. Pour le 21 novembre, on espère que la concertation et la concrétisation du débat politique public attendu entre la Minga de résistance et le gouvernement colombien sera obtenue (25).

Malgré l’importance de cette grande Marche qui tient fermement son cap vers la capitale colombienne, les médias ne lui donnent toujours pas l’importance qu’elle mérite. Chercher une information sur la grande Marche - qui en ce moment fait l’histoire – sur n’importe quel grand média de communication est franchement inutile. Toute l’information que nous pouvons trouver ne peut l’être que dans des médias alternatifs ou des sites en relation avec les organisations totalement impliquées dans la grande Minga des peuples.

Tant au plan local qu’international, la grande Marche historique colombienne est honteusement ignorée par les médias, qui ne lui donnent pas l’importance méritée. CNN, par exemple, en ce moment donne davantage d’importance aux célèbres « pyramides[3] » qui ont escroqué des milliers de Colombiens. Malgré cela, la grande Marche conserve toujours la force dans son appel et la force suffisante pour surmonter certains obstacles qui au fur et à mesure qu’elle avance peuvent se présenter.

Nous savons bien que le traitement opéré par les grands médias capitalistes n’est pas nouveau. Nous n’ignorons pas, qu’il y aura une tribune de presse seulement quand il pourra y avoir un nouveau «  Lizcano », une nouvelle « Betancourt », des « pyramides » ou des villas de « célébrités » en train de brûler en Californie.

Cependant, il faut espérer que les grands médias donnent à la Minga, l’importance méritée lorsqu’ils se rendront compte qu’il est inutile de continuer à maintenir l’actuelle négation. Il ne sera pas facile de maintenir la position actuelle de négation lorsque la grande Marche des peuples entrera triomphalement dans la capitale colombienne, Bogota.

La communauté internationale doit et devrait être plus attentive à ce qui pourrait se passer tout au long du parcours vers Bogota. Ici… tout peut arriver. En ce moment, essayer de freiner la marche pourrait signifier un massacre important, puisque ce peuple qui avance est fermement décidé à tenir ses objectifs, c’est pourquoi, cela ne pourrait convenir à l’actuelle dictature uribiste, si ce qu’elle souhaite est de rester focalisée sur le TLC (USA-Colombie). Ou bien ils pourraient opter pour une alternative qui en ce moment pourrait s’avérer impossible à imaginer : essayer, d’une certaine façon, de retarder l’arrivée à Bogota pour qu’elle coïncide avec la « célèbre » marche d’Ingrid Betancourt en faveur des « séquestrés », qui est programmée pour le 28 novembre, si nous ne nous trompons pas, et ainsi que la dictature uribiste puisse marquer « un point » devant les grands médias, et présenter toute cette foule représentative de la grande Minga des peuples, comme faisant partie de l’appel d’un « fantôme » qui se nomme Ingrid Betancourt, alors que nous pourrons difficilement l’imaginer [la minga] dans « sa » marche. Elle sait très bien qu’elle est la « courge » de la dernière opération « Échec ». C’est pourquoi cela ne leur conviendrait en rien de soutenir « sa » marche pour se transformer en trophée uribiste. À moins que, bien sûr, elle soit appuyée par un important effectif « international »

LE SOCIALISME OU LA MORT !

POUR UNE NOUVELLE COLOMBIE !

Níkolas STOLPKIN

NdT : Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice

Source : Tlaxcala

voir pour les autres notes

[1ONIC : représentante des différentes organisations indigènes que la composent (OZIP, CRIOMC, AZCAITA, OIK, PUEBLO MOKANA, WAYUU ALAULAYU, PAINWASHI, MAYABANGLOMA, CABILDO MAYOR ZENU, CRIDEC, CRIC, ASOREWA, ORIQUIN, ORIVAC, UNIPA, ACIESNA, CAMAEMKA, UNUMA, ORIC, CRIT, ASOUWA, ASOCBARI Y MUISCAS DE CHIA)

[2CORDINACIÓN AGRARIA DEL CAUCA : (Consejo Regional Indígena del Cauca, CRIC, Comité de Integración del Macizo Colombiano CIMA, Asociación Campesina de Inzá y Tierradentro, Asociación de Pequeños y Medianos Productores Agropecuarios AGROPEMCA, Asociación Nacional de Usuarios Campesinos ANUC, Movimiento Campesino de Cajibío, ANUC-Unidad y Reconstrucción, Cabildo Indígena de Novirao, La Paila, El Naya, ACADER, , Marcha contra el Hambre y la Pobreza- CODESCO, Asociación de Paneleros Sur del Cauca et autres organisations comunales et locales)

[3L’affaire des « pyramides » : « épargne pyramidale », scandale déclenché par la fermeture d’une entreprise frauduleuse, la DRFE, qui avait promis des gains de 150% à 350% à des épargnants plaçant leurs économies dans la « pyramide ». Cette DRFE avait déclaré ne pas pouvoir rembourser les épargnants, créant des émeutes dans tout le pays.


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