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Kashagan : les banques ne doivent plus financer les projets pétroliers géants

Par Yann Louvel
mercredi 15 octobre 2008 par anik

Alors que la date d’entrée en production du plus grand projet pétrolier au monde, Kashagan au Kazakstan, a été à nouveau repoussée (2013), 16 ONG à travers le monde mettent à nouveau en garde les banques impliquées dans le projet face aux impacts environnementaux et sociaux immenses de cette exploration offshore. Les Amis de la Terre interpellent aujourd’hui BNP Paribas, la Société Générale et Natixis et leur demandent de ne plus financer les projets pétroliers géants à travers le monde : l’économie pétrole n’est pas durable, il faut en financer la sortie et non la dépendance accrue.

Kashagan est le plus grand projet pétrolier au monde, avec 13 milliards de barils estimés récupérables. Situé à 20 kilomètres de la côté nord de la mer Caspienne, au Kazakhstan, dans une zone aux conditions météorologiques extrêmes, le coût de ce projet pharaonique est aujourd’hui estimé à plus de 136 milliards de dollars. Une mission terrain réalisée en septembre 2007 a révélé les impacts potentiellement massifs du projet Kashagan, comme le résume Gwenael Wasse, chargé de campagne Responsabilité des entreprises aux Amis de la Terre, qui s’est rendu sur place : «  Nous avons de sérieuses raisons de penser que le développement du champ pétrolier de Kashagan est la cause de niveaux de pollution inacceptables dans la région de la Mer Caspienne, qui ne pourront qu’empirer une fois l’extraction démarrée. Poissons, oiseaux et mammifères meurent massivement, tandis que la santé des populations locales est mise en danger par l’émission de produits chimiques toxiques issus de l’activité pétrolière dans la région, tout cela sans aucune information ni consultation publiques. Nous diffusons aujourd’hui une vidéo qui illustre bien le rapport tiré de cette mission terrain [1] ».

Les 16 ONG [2]. demandent aux banques internationales impliquées dans ce projet [3]. de mettre en place un plan d’atténuation des impacts sociaux et environnementaux du projet avant la reprise de toute construction. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, précise : « En France, nous demandons à BNP Paribas, à la Société Générale et à Natixis d’exiger la mise en place d’un tel plan comme condition essentielle et opposable à tout futur financement du projet Kashagan. Nous leur demandons également de soutenir la réalisation d’une évaluation scientifique complète et indépendante des impacts environnementaux et sociaux du développement de ce projet ».

Au-delà des impacts directs du projet, Kashagan révèle l’impasse climatique dans laquelle mène directement le développement de tels projets pétroliers géants à travers le monde. Sébastien Godinot, coordonnateur des campagnes aux Amis de la Terre, estime : « Kashagan devrait à terme produire près de 550 millions de barils par an, soit la consommation quotidienne en pétrole d’une puissance économique comme l’Espagne, et émettre en conséquence plus de 200 millions de tonnes de CO2 par an. Ce n’est malheureusement qu’un des nombreux projets fossiles financés par les banques françaises. Selon nos calculs, les émissions induites par les financements des banques françaises sont trois fois plus importantes que les émissions françaises totales ! [4] Elles financent en moyenne 10 fois plus les énergies fossiles que les énergies renouvelables. Leur activité est incompatible avec les objectifs publics européens et français de lutte contre les changements climatiques. Nous devons diviser par 4 ou 5 nos émissions ! Nous demandons aux banques de calculer les émissions induites par leurs financements et leurs investissements et de les réduire, en arrêtant de financer des mégaprojets pétroliers et en finançant massivement l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables locales ».


Contact presse :
Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43

Les amis de la terre

[1Le clip vidéo diffusé aujourd’hui par les ONG est accessible en ligne sur YouTube et sur EcoTube .
Pour en savoir plus, les Amis de la Terre ont publié avec d’autres ONG les deux rapports suivants sur le projet Kashagan :
- “Kashagan oil field development, Kazakhstan” (Décembre 2007)
- “Hellfire Economics. Multinational companies and the contract dispute over Kashagan, the world largest undeveloped oilfield” (Décembre 2007)

[2Les 16 ONG signataires de la lettre envoyée aux banques privées impliquées dans le projet Kashagan sont : Center Globus, Kazakhstan ; BankTrack, International ; Campagna per la Riforma della Banca Mondiale, Italie ; Les Amis de la Terre International ; Les Amis de la Terre, France ; Platform, Royaume-Uni ; The Corner House, Royaume-Uni ; Les Amis de la Terre Europe ; Crude Accountability, Etats-Unis ; Urgewald, Allemagne ; La Déclaration de Berne, Suisse ; World Economy, Ecology & Development (WEED), Allemagne ; Amigos da Terra – Amazônia Brasileira, Brésil ; Les Amis de la Terre Japon ; Rainforest Action Network, Etats-Unis ; CEE Bankwatch Network, Europe centrale et orientale ; Pacific Environment, Etats-Unis

[3Les banques privées impliquées dans le financement du projet Kashagan sont : BNP Paribas, Société Générale, Natixis, Citigroup, DZ Bank, HSH Nordbank, KfW, ING, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, Mizuho Bank, et Sumitomo Mitsui Banking Corporation

[4Rapport « Banques françaises, banques fossiles ? », Les Amis de la Terre, Mars 2007.


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