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Devenez Aquacitoyen

De Jean François Hamon
lundi 13 octobre 2008 par anik

Pendant six mois, du 15 avril au 15 octobre 2008, chaque français peut donner son avis sur la gestion et l’avenir de l’eau dans son bassin.

Comme vous le savez, le Comité de bassin Adour-Garonne a fait diffuser un questionnaire dans le cadre de la consultation nationale sur l’eau organisée à la faveur de la révision des SDAGE dans les bassins.

Dans le nôtre, la diffusion a très largement manqué sa cible (tous les foyers normalement), à tel point que Claude Miqueu a révélé vendredi dernier, à l’occasion d’un Forum de l’Eau organisé par Attac 65 à Maubourguet, que le Comité de bassin a (ou va) engagé un contentieux à l’encontre de La Poste du fait de cette diffusion calamiteuse (laquelle devait être le point fort d’une consultation qui aura coûté 6 M d’euros – oui, six millions d’euros ! Si au moins cette dépense impressionnante devait nous épargner la construction d’un des barrages-réservoirs en cours de programmation !...)

Quoiqu’il en soit, les citoyens – pardon les “aquacitoyens” – que vous êtes n’ont plus que quatre jours pour envoyer leurs réponses, ou du moins leurs réactions, à ce questionnaire (normalement avant vendredi 16 octobre).

Si vous n’avez pas reçu ou récupéré un tel questionnaire, vous pouvez répondre, ou du moins réagir , en ligne via le site 0www.aquacitoyen.org.

Vous trouverez ci-joint le texte que j’ai adressé en réaction (et non véritablement en réponse) à ce questionnaire au nom du Collectif Adour Eau Transparente. Vous pouvez le reprendre tel quel ou en le modifiant/complétant à votre guise, et le joindre à la place (comme nous avons choisi de le faire) ou en plus des réponses demandées dans ce questionnaire (et en remplissant l’encadré du bas dans les deux cas).

A bientôt donc.
Amicalement.
Jean-François Hamon

Comme pour la consultation du public organisée en 2005 autour des “grands enjeux pour l’eau”, après la transcription en droit français de la directive cadre européenne sur l’eau, le questionnaire concernant la révision du SDAGE qui est aujourd’hui prétendument adressé à tous les habitants du bassin (et en réalité seulement à ceux, très sensiblement moins nombreux, que le système de distribution de ce questionnaire n’aura pas oubliés, ce qui est déjà un premier problème majeur) est caricaturalement incomplet et orienté. L’une des questions posées suffit à elle seule à trahir l’“ambition” de cette démarche : « Quelle augmentation [de la facture d’eau] vous paraîtrait acceptable ? » Alors que c’est précisément à l’encontre ce phénomène de hausse continue de l’eau distribuée aux familles qu’il faudrait adosser une politique d’accès à ce bien commun ! De même, l’énoncé de l’une des actions proposées (dans la question 4) présente au même titre et dans une même phrase (ce qui la rend inopérante) la constitution de réserves et les économies comme solution au risque de pénurie d’eau, alors qu’il ne s’agit en fait dans le premier cas (celui des barrages-réservoirs, pour le dire sans euphémisme) que de favoriser et relancer une surconsommation contradictoire avec des prélèvements maîtrisés !

Une telle forme de consultation, répétée malgré les critiques énoncées en 2005, relève de l’illusionnisme et constitue une simple façade de démocratie. Consultation piège à cons ? Nous ne pouvons y en tout cas y souscrire sans cette critique de fond. La citoyenneté et la démocratie véritablement participative exigent de tous autres moyens et démarches, fondées sur une sensibilisation bien plus régulière, approfondie et directe, et au-delà d’un site sur Internet ou d’une information par bus. (A cet égard, il nous semble que seule une consultation recourant à des envois par courrier et sous pli pourrait être validable ultérieurement.)

En conséquence, nous rappelons ici l’essentiel des propositions déjà maintes fois formulées par les associations citoyennes et de protection de la nature et de l’environnement, notamment celles regroupées au sein du Collectif Adour Eau Transparente.

Nous rappelons d’abord les principes premiers de la préservation de ce patrimoine vivant qu’est l’eau, d’une part, et de l’accès à l’eau potable pour tous d’autre part.

Nous nous prononçons donc pour une gestion écologique et démocratique de l’eau, en matière de préservation de sa qualité comme en matière de quantité. Ce qui signifie les choix suivants.

A l’égard de la qualité, nous rappelons la nécessité d’appliquer le principe de précaution en cas d’incertitude sur la potabilité de l’eau et sur les risques pour l’environnement et la santé, ou en l’absence de connaissances suffisantes.

A l’égard de la quantité, nous privilégions le respect des cycles naturels des milieux aquatiques, et nous soutenons toute démarche d’économie de la ressource (bon entretien des réseaux d’adduction, limitation et contrôle administratifs de la consommation, valorisation de toutes les pratiques économes).

Nous exigeons en conséquence des pratiques agricoles et industrielles qui n’aillent pas à l’encontre de l’objectif du bon état écologique des milieux aquatiques et de la consommation durable de la ressource.

Nous contestons en particulier les travaux hydrauliques destructeurs ou perturbateurs des hydrosystèmes dont l’utilité publique et économique n’est pas clairement démontrée. Cela concerne en premier lieu les constructions de barrages-réservoirs envisagés ou programmés dans le bassin de l’Adour, ouvrages dont de très nombreuses études et un indéniable recul d’expérience ont démontré les dommages sur les milieux naturels d’une part et la “contre-productivité” économique d’autre part.

Pour remédier aux causes plutôt que de traiter les effets, nous demandons que les pollutions du milieu aquatique soient supprimées en amont et pas seulement après-coup par des techniques de traitement de plus en plus sophistiquées et onéreuses. Nous dénonçons le fait que ce sont souvent les mêmes groupes industriels qui produisent les polluants, dépolluent, traitent et commercialisent l’eau…

Nous réaffirmons l’urgence d’une réflexion pour une nouvelle culture de l’eau, dans le bassin de l’Adour comme ailleurs.


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