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Les Logiques du fascisme - L’État totalitaire en Italie

lundi 22 septembre 2008 par Pierre

Mussolini a-t-il établi un régime autoritaire à un parti unique et reposant sur la violence, ou bien son système a-t-il absorbé l’Etat et société civile, ce qui ferait du fascisme une des formes du totalitarisme ? Depuis soixante ans, les historiens divergents sur ce sujet. Selon cet ouvrage, le totalitarisme ne se mesure non pas tant à la dureté de la répression qu’à la volonté de politiser le peuple en tous ses actes par le moyen du parti et de son chef. Idéologie englobante et messianique devenue comme une sorte de ’religion civile’, le totalitarisme empêche l’individu de se soumettre au contrôle social.

Jean-Yves Dormagen octobre 2007 ISBN 9782213631592

Le fascisme revendiquait avec fierté sa dimension « totalitaire » et proclamait ouvertement son ambition de « fasciser intégralement la société civile ». Il n’en est pas moins considéré, aujourd’hui, dans l’opinion et par la plupart des spécialistes, comme un banal régime autoritaire, s’étant révélé incapable de transformer en profondeur les attitudes et les pratiques sociales des Italiens. Il aurait manqué au fascisme un parti unique suffisamment puissant pour convertir l’ensemble de la population à la nouvelle religion politique des chemises noires. Le régime aurait également échoué à produire sa propre classe dirigeante. Enfin, l’absence de terreur se déployant sur une échelle de masse finirait de distinguer le fascisme du nazisme ou bien encore du stalinisme.

C’est un autre regard que cet ouvrage entend porter sur le fascisme. En effet, l’étude des plus hauts cadres de l’État et l’analyse des archives du régime amène à contester cette interprétation dominante. Dès 1922, le mouvement fasciste entreprend la conquête de l’État, puis sa transformation progressive en un instrument adapté à l’exercice d’une domination totalitaire. Depuis les sommets de l’État jusqu’aux profondeurs de la société civile, l’ensemble des relations sociales se trouvent soumises à de nouvelles logiques. De nouvelles valeurs, de nouvelles normes, de nouvelles règles de comportements s’imposent à tous. C’est donc bien une dynamique totalitaire qui se manifeste par l’émergence d’un système de contrôle des hommes et de leurs comportements à vocation totale. Le régime fasciste apparaît ainsi comme le précurseur d’un « totalitarisme sans terreur » qui ne pratiquera pas le génocide ou le crime de masse, mais n’en sera pas moins capable d’engendrer une société de contrôle d’un genre nouveau.

Jean-Yves Dormagen, ancien élève de l’Ecole normale supérieure et ancien membre de l’Ecole française de Rome, agrégé d’histoire et de science politique, est professeur à l’université Montpellier 1 et chercheur au Centre d’études politiques de l’Europe latine (CEPEL-CNRS).


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