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Les déboires des banques US, ce sont aussi les nôtres

Par Pascal Riché
vendredi 26 septembre 2008 par anik

Un triple tremblement de terre a eu lieu cette nuit dans la banque américaine. En allumant leur radio ce lundi matin, les Français apprenaient :
- 1) que la quatrième banque d’investissement Lehman Brothers avait fait faillite et allait probablement être liquidée, les autorités bancaires n’ayant pas trouvé de repreneur ;
- 2) que la banque Merril Lynch, en désespoir de cause, avait accepté de se vendre à la première banque du pays, Bank of America, pour 50 milliards de dollars ; et
- 3) qu’une dizaine de banques s’étaient liguées pour se protéger mutuellement, via une ligne de crédit commune de 71 milliards de dollars.

On attend ce lundi encore une quatrième annonce, en provenance de l’assureur AIG qui s’est lui aussi fourvoyé sur le marché des titres adossés au crédit immobilier.

Pour spectaculaires qu’ils soient, tous ces chocs semblent lointains : de l’autre côté de l’Atlantique, de l’autre côté de l’économie «  réelle ». Pourtant, ils ne manqueront pas d’avoir des conséquences sur l’économie européenne et sur nos vies quotidiennes. Ceux qui affirment le contraire sont les même qui annonçaient, il y a quelques mois, que la crise des subprimes n’aurait aucune conséquence sur l’immobilier en France, qu’elle le contournerait tel le «  nuage de Tchernobyl ». On sait ce qu’il en est advenu.

Les banques se prêtent énormément d’argent, entre elles : que l’une vienne à défaillir, et c’est tout le système qui se crispe. Et ce système ne s’arrête pas aux frontières des Etats-Unis. Le risque d’un «  credit crunch » -une contraction du crédit- est plus lourd que jamais.

L’affaire des subprimes n’est pas un choc passager. C’est une crise systémique, comparable à la crise financière qui a englué le Japon pendant toutes les années 1990. Au moins, les Etats-Unis semblent-ils en prendre la mesure : à la différence des autorités japonaises, qui avaient toléré l’existence de « banques zombies », elles semblent désireuses de crever les abcès dès maintenant, en nationalisant certains établissements (Fannie Mae et Freddie Mac), et sacrifiant les autres.

«  La crise financière et ses manifestations ne sont pas terminées », a admis lundi matin sur Europe 1 la ministre de l’économie et des finances Christine Lagarde, tout en cherchant à rassurer les français : La faillite de Lehman Brothers, « c’est aussi un signe d’équilibre »… « Le marché américain a coutume de ces coups de torchon. »

Mais lorsqu’on lui demande quelles seront les conséquences pour nous, Christine Lagarde refuse de répondre : « L’ensemble des autorités se concertent depuis quelques jours (…) y’a pas panique à bord. » Puis elle appelle les banques françaises à «  continuer à soutenir les petites et moyennes entreprises ». Que le seul levier possible de la politique économique française soit la supplique aux banques n’est pas du tout rassurant.

Source : rue89


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