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Zones d’exclusion aérienne de l’Irak à la Libye...

mercredi 9 mars 2011 par Karim Lakjaa

Avec une intervention armée étrangère en Libye, la révolution en cours prendrait un autre visage.

Une telle action ne relève pourtant pas du fantasme. Par le passé, les Etats-Unis bombardèrent Tripoli en 1986 au motif du soutien apporté par le régime au terrorisme international. Une trentaine d’appareils auxquels la France refusa le survol de son territoire prirent part à l’opération qui fit des dizaines de victimes civiles, dont la fille adoptive de Kadhafi.

Aujourd’hui, alors qu’à son tour, il utilise les bombardements contre les civils, divers scenarii sont échafaudés de toutes parts.

Aux Etats-Unis les anciens partisans de l’invasion de l’Irak John McCain et Joe Lieberman demandent la reconnaissance d’un gouvernement libyen d’opposition et son armement par Washington.

D’autres proposent de faire intervenir militairement la Tunisie ou l’Egypte. C’est le cas d’Alexandre Adler, en France, lui aussi favorable à l’invasion de l’Irak en 2003.

Toute fois, une intervention directe au sol en dehors de forces spéciales déjà présentes en Libye ne semble pas envisageable pour diverses raisons : réaction de la population libyenne, de l’opinion internationale et notamment arabe, mobilisation des troupes de l’OTAN en Afghanistan, en Irak et sur la bande sahélienne (Tchad – Soudan).

Une autre option réside dans la proposition avancée par Joshua Muravchik et analyste du très néoconservateur American Enterprise Institute et dont le dernier ouvrage en phase avec l’actualité présente s’intitule « The Next Founders : Voices of Democracy in the Middle East », « Les prochains fondateurs : Voix de démocratie dans le Moyen-Orient ».

Pour Joshua Muravchik, « Kadhafi utilise ses avions et ses hélicoptères contre sa propre population civile. Les Etats-Unis pourraient aisément empêcher cela. Kadhafi a évidemment engagé d’autres armes lourdes dans la bataille. Mais si les États-Unis lui refusent le ciel, cela pourra probablement se révéler être un coup fatal dans le dos. Cette mesure n’entraînerait pas l’envoi d’un seul soldat américain et serait largement applaudie par les Libyens et probablement par l’opinion publique dans toute la région. Et naturellement pas par tous les gouvernements ».

Cette option a l’avantage de n’exposer aucune troupe au sol. Quant à l’aviation libyenne si elle est en capacité de causer d’importants dommages aux civils libyens, elle ne pourra pas faire grande chose avec ses vieux mig 21, Mig 23, Su 22, Su 24 et Mirages F1 (français) face aux forces de l’OTAN. En 1986, les Etats-Unis n’avaient enregistré que deux morts parmi les équipages venus bombarder Tripoli.

L’idée formulée par Joshua Muravchik séduit d’autant que l’OTAN bénéficie en méditerranée de portes avions terrestres que sont l’Italie et la France. Washington a d’ailleurs désigné publiquement l’Italie et la France, pour des raisons géographiques, dans une telle perspective. L’Egypte qui accueille régulièrement les manœuvres combinées terrestres et aériennes Bright star est une autre plateforme pour les avions de l’OTAN.

Quant à la mer méditerranée, elle voit voguer sur ses flots la sixième flotte des États-Unis. Elle se compose d’environ 40 navires, 175 avions et 21 000 personnes. Du 23 mai au 15 juin 2010, la 6ème flotte avait organisée à partir de la Tunisie des manœuvres conjointes visant à "renforcer la coordination entre les corps de marines des pays de l’Europe du sud et de l’Afrique du nord", selon le vice-amiral Harry B. Harris.

Un centre de commandement conjoint avait été mis en place en Tunisie pour piloter ces exercices militaires, ce responsable, saluant alors le rôle "important" de la Tunisie dans le maintien de la sécurité et de la stabilité de la région.

Participaient à ces manœuvres, l’Algérie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc et la Tunisie.

Tous les éléments du décor étaient déjà en place depuis longtemps.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney a confirmé que l’idée d’une zone d’exclusion aérienne (ZEA) au-dessus de la Libye, destinée à empêcher le régime de Kadhafi d’attaquer sa population, était à l’étude :"Nous avons dit qu’une zone d’exclusion aérienne était une possibilité que nous étudiions activement et dont nous discutions avec nos alliés et nos partenaires ».

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