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Les contradictions du développement en contexte de l’Amazonie forestière : le cas du Projet Jarí sous la gestion du groupe ORSA

jeudi 1er juillet 2010 par Pierre

La région du Jarí, à l’extrême nord de l’Amazonie brésilienne, est aujourd’hui le théâtre d’une fusion entre deux mondes, l’archaïque et le moderne.

Longtemps isolée du reste du Brésil, cette région connait son développement économique à partir de 1967 avec l’arrivé du multimillionnaire Américain Ludwig, dont le projet ambitieux (connu comme "projeto Jarí") consiste à former un laboratoire de développement économique pour l’Amazonie à base de la production de cellulose à grande échelle, alors que la zone était déjà peuplée de petites communautés locales dispersées dans la forêt et vivant de l’extractivisme des ressources naturelles. Celles-ci voient leurs terres leur échapper, car le projet de la plantation d’arbres à haute croissance causera des importants défrichements de la forêt primaire, devenue privée. Par ailleurs, la promesse de trouver un emploi dans le projet provoque une vague de migration des régions limitrophes, entraînant des installations incontrôlées et précaires sur le fleuve Jarí à partir des années 1970. En conséquence, le projet de Ludwig est fortement critiqué, tant par les gouvernements locaux (États de l’Amapá et du Pará), qui veulent récupérer leur pouvoir sur le territoire, que par des mouvements écologistes internationaux. En 1999, le coût démesuré de l’infrastructure et la mauvaise gestion des plantations amène à la banqueroute et à la mise en vente du projet, acquis un an après par le groupe ORSA, un consortium d’entrepreneurs du São Paulo. Afin de ressusciter le projet et d’assainir sa mauvaise réputation, ORSA investit dans trois secteurs notamment : l’augmentation de la production de cellulose en substituant la gmelina et le pin par l’eucalyptus, l’amélioration du fonctionnement de l’usine de cellulose à partir de nouvelles technologies, visant aussi à diminuer l’impact environnemental ; et finalement, l’exploitation de bois tropical dans le cadre d’une gestion forestière certifiée. Elle met également en place une fondation (la Fondation ORSA) inspirée par les concepts de RSE, qui s’engage depuis 2000 dans des projets de développement visant à l’intégration de la population locale au progrès socioéconomique.

La contribution du document joint vise à montrer comment une firme, dont la présence provoque un important bouleversement régional, apporte des réponses aux contradictions du développement économique. Elle retrace le processus géo-historique de la formation d’un territoire d’entreprise dans le cas spécifique de la région du Jarí, pour en discuter les enjeux politiques et socioculturels soulevés par la gestion d’un si vaste territoire à la périphérie amazonienne par une seule entreprise (dépendance, manque de services, enclavement,...). Dans ce contexte, elle analyse notamment le rôle et les modes d’action de la Fondation ORSA, afin de comprendre les stratégies d’alliance et/ou d’opposition entre l’entreprise, les pouvoirs publiques et les populations locales. Alors qu’un dialogue constructif entre ces acteurs a effectivement été ouvert par l’intermédiation de la Fondation, la question de la répartition des tâches notamment entre l’État et l’entreprise demeure une source de désaccord, encore aggravée par un conflit foncier historique autour de la propriété sur des aires protégées dans la région.

Source : HAL-SHS

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