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Industriels et banquiers sous l’Occupation

La collaboration économique avec le Reich et Vichy
jeudi 17 juillet 2008 par Pierre

Trop longtemps le débat public concernant la Deuxième Guerre mondiale s’est concentré sur la responsabilité des puissances de l’Axe. Les contours de ce débat, aujourd’hui, sont en tain de changer... Le monumental ouvrage d’Annie Lacroix-Riz sort donc au “moment juste”.

Annie Lacroix-Riz
1999
ISBN 2200251092

4e de couverture :

Trop longtemps le débat public concernant la Deuxième Guerre mondiale s’est concentré sur la responsabilité des puissances de l’Axe. Les contours de ce débat, aujourd’hui, sont en tain de changer... Le monumental ouvrage d’Annie Lacroix-Riz sort donc au “moment juste”.

Il a été écrit presque exclusivement à partir du dépouillement des archives originales françaises et allemandes. Il fera date dans l’historiographie européenne de la guerre de 1940/1945. La richesse des sources, l’érudition de l’auteur sont proprement stupéfiantes. Le livre est écrit, malgré son lourd appareil scientifique, en une langue brillante, vivante, qui rend la lecture en permanence passionnante. Et surtout, l’auteur tire clairement des conclusions.

En été 1940, les banquiers et industriels français participent avec conviction à la liquidation des institutions républicaines. Ils s’installent dans la collaboration comme poussés par une sorte de loi naturelle. D’abord, dans les années 30, la minorité d’acteurs économiques qui contrôlent la France nourrit une admiration solide pour les prouesses techniques du Reich. Vichy n’a pas eu besoin de pousser les capitalistes à la collaboration : des cartels “européens” (dominés par les entreprises nazies), des sociétés mixtes franco-allemandes poussent comme des champignons. Les livraisons industrielles françaises au Reich et à sa machine de génocide, les crédits astronomiques, tout se met en place avec une rapidité et une bonne volonté impressionnantes... Un chapitre particulièrement révoltant du livre est consacré à l’aryanisation des fortunes mobilières, immobilières, industries et participations bancaires appartenant à des Français de confession israélite, mués en quelques heures et brutalement en parias.

Par endroits ce livre se lit comme un roman policier, mais la plupart du temps –et malgré la rigueur absolue de la recherche historique qui le nourrit– il est un traité fascinant des mœurs, des mensonges et pratiques inavoués du grand patronat traumatisé par le Front populaire.

Jean Ziegler

Annie Lacroix-Riz est ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, agrégée d’Histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris 7. Elle a déjà publié, entre autres ouvrages, "Le Choix de Marianne : les relations franco-américaines de 1944 à 1947" et "Le Vatican, l’Europe et le Reich".

Extraits :

p. 41 :

"[...], Les documents politiques, diplomatiques et financiers, recensait les évènement politiques et opérations financières où se noua précocement le mélange d’opposition et de compromis franco-allemands en Europe centrale depuis 1918-1919. Y viennent comme une litanie les noms de maîtres de forges – Charles Laurent, Théodore Laurent, PDG de Marine-Homécourt et de la Banque des Pays du Nord, Paul Cavallier, PDG de Pont-à-Mousson, etc. –, des autres industriels et banquiers qui investissent massivement dans le fief français bâti entre Pologne et pays de la Petite Entente, etc. Ce dossier sort intact de sa confrontation aux archives sur les placements en Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie, Yougoslavie (pétrole, surtout roumain, charbon, minerais, métallurgie, chimie, textile, etc.) remettant à la France la succession des empire centraux vaincus."

p. 57 :

Après l’autorisation par la BRI (Banque des Règlements Internationaux) des transferts de l’or autrichien et des valeurs tchèques, dès mars 1938, vers les coffres de la Reichsbank :

"En juillet 1940, la BRI changea de doctrine face aux “ordres” soviétiques de transfert “des avoirs de trois banques baltes en faveur de la Banque d’Etat de l’URSS” : “il y avait là un de ces changements territoriaux que la BRI ne peut reconnaître comme une affaire normale en dehors des décisions du Conseil” ; s’imposait donc “une consultation juridique”. Le juriste suisse allemand qui en fut chargé confirma son veto au motif d’“agression soviétique” dès août 1940, délai presque aussi court que celui nécessaire pour souscrire aux vœux de la Reichsbank."

p. 105 :

"En vertu de contrats signés en 1940 par les grandes maisons de champagne, notamment Moët et Chandon, société d’Epernay du “comte Robert de Vogüe”, président du comité interprofessionnel des vins de champagne, et Pieper-Heidsieck de Reims, furent dès les premières années livrées “à la [seule] Wehrmacht (...) 1 millions de bouteilles, sur une production de 30 millions de bouteilles par an”."

p. 195-196 :

"Tout adulte phocéen du début des années 1940 a dû conserver le souvenir de l’invasion, préparée dans un “secret” total, des “vieux quartiers” (“le quartier nord du Vieux Port”) le dimanche 24 janvier 1943. Concoctée entre Allemands et Vichy, via le zélé préfet de Marseille, Lemoine, “100% allemand”, elle fut réalisée en deux heures : par la police allemande et la gendarmerie et la garde mobile françaises flanquées de collaborationnistes, “les SOL, dont quelques-uns avaient des armes apparentes, mais qui avaient tous des matraques [et...] les Compagnons de France [qui] formaient face à la foule le cordon extérieur qui isolait le Vieux Port”. L’opération, poursuivie le 25, se solda par l’expulsion de 40 à 50 000 personnes et l’arrestation de 6 000, classés en neuf catégories dont les deux premières étaient “a) [les] juifs étrangers, b) [les] juifs français”, “malheureux israélites qui ont été déportés en zone occupée”.

Signe de l’acuité des perceptions populaires de guerre, circula aussitôt le bruit d’une inspiration immobilière du forfait : l’“opinion dans sa majorité”, rapporta un agent gaulliste, “pense qu’on a voulu réaliser, à peu de frais, le plan d’urbanisme dit plan Beaudoin (dégagement de la Mairie, assainissement des vieux quartiers). Ainsi, (...) on ne procédait plus aux règles de l’expropriation, longues, onéreuses. Tout cela sous le couvert des Allemands”. La rumeur fut bientôt confirmée : “les opérations de Marseille sont à l’heure actuelle presque terminées”, câbla un agent le 3 février, et et “la démolition du vieux port est commencée. L’on dit que démolitions et reconstructions de ce quartier de Marseille ont été confiées à de grosses de travaux publics en lesquelles M. Ferdinand Bouisson se trouve comme par hasard avoir des intérêts”. “Le véritable motif de l’évacuation du quartier nord du vieux port”, fut-il rapporté le 10 février, “serait le suivant : La régie immobilière de la Ville de Marseille (...) poursuit la réalisation de plan d’aménagement amorcé depuis 1929 [ou 1939 ? date surchargée]. Subventionnée par la Banque des Pays-Bas, elle s’apparent à la régie intéressée qui vient de s’emparer du canal de Marseille 7621, à la faveur du gouvernement de Vichy. L’architecte Beaudoin, le directeur technique Chalon ne sont que les instruments de cette organisation. Les Allemands ont été intéressés à cette opération pour couvrir l’évacuation et la démolition avec un minimum de frais. Un rapport complet sera remis ultérieurement”.

Ce “rapport” n’a pas été versé, mais un renseignement du 20 juillet sur “Marseille et ses industries” en opposait une partie exsangue faute de matières premières (les huileries) à la réorganisation “démontr[ant] la vitalité des milieux d’affaires marseillais” : “la démolition du quartier du Vieux Port a mis en avant les projets de reconstruction de la ville. La direction de cette entreprise est confiée à la Régie foncière et immobilière de la Ville de Marseille, qui vient d’être fondée par la Banque de Paris et des Pays-Bas, mais qui est contrôlée par la ville. Disposant d’un capital de 5 millions de francs, qui sera peut-être porté à 10 millions, elle est surtout une société d’études, inspirée par l’architecte Beaudoin. Ses projets de reconstruction ont déjà obtenu l’approbation du Gouvernement”. L’affaire fait songer aux 403 immeubles de l’“îlot insalubre n° 16 (...) du quartier Saint-Gervais”, peuplé “en majorité” de juifs pauvres, lorgné par la droite municipale de Paris depuis les années 1930, vidé de ses 10 480 habitants par la préfecture de la Seine (le préfet René Bouffet et son secrétaire général Guy Périer de Féral) au gré des expulsions au nom de l’‘utilité publique’ et des déportations de 1940 à 1944, au profit de plans d’urbanisme de luxe."

p. 225 :

" Les principaux trésors français

La récupération des titres français placés à l’étranger (actions et obligations de sociétés, emprunt d’Etat) constituait un objectif économique allemand essentiel. Le 26 juillet 1940, Kuntze avait déjà été nommé commissaire-administrateur de la Compagnie française des Mines de Bor (Yougoslavie). Berlin voulait aussi y installer Neuhausen, consul général d’Allemagne à Belgrade et “ami personnel du maréchal Goering”, prétention qui “tend”, protesta Vichy début septembre, “à établir un contrôle allemand sur des avoirs privés français”. Dès le début de l’été 1940, à Wiesbaden, la délégation allemande mit au centre de ses discussions, via la question de la flottille du Danube, celle des participations françaises dans les pétroles roumains. En septembre, Hemmen présenta à Boisanger les projets de rachat des mines de cuivre de Bor, autre priorité, et “d’une partie des intérêts français dans les sociétés pétrolières roumaines”.

Précocité dans l’annonce des intentions qui s’explique par l’importance de ces enjeux balkaniques. Le Reich caressait les plus grand espoirs sur la production de Bor, 42 000 tonnes par an, qu’il comptait porter à 60 000, ce qui “permettrait de couvrir les besoins allemands en cuivre dans une proportion considérable”. Il n’attendait pas moins pour la conduite de la guerre des “sociétés pétrolières roumaines” dont les “intérêts français” contrôlaient une part considérable, auprès de partenaires ou associés britannique et belges. La Steava Romana, “d’origine allemande”, avait été en 1922 “rachetée et payée par l’Omnium français des pétroles” (OFP) au groupe EOS en Suisse : son capital d’un milliard de lei était détenu pour “les 2/3 par la Steava française”. La Colombia, créée en 1920, au capital de 380 millions de lei, était “entièrement contrôlée par des capitaux français” : sur ses 760 000 actions, 400 000 appartenaient à l’Omnium français des pétroles, société “contrôlée par la Banque de Paris et des Pays-Bas et en deuxième rang par Mirabeau et Cie”, qui “possédait [en outre] au moins le tiers du capital de la Steava Romana” (elle était “associée dans ces deux affaires à des intérêts anglais”) ; les actions restantes étaient “réparties et non groupées dans le public français.” “La Compagnie financière belge des Pétroles [Pétrofina], au capital de 300 millions de francs”, en réalité “franco-belge, avec partage du fonds social”, “contrôl[ait] entièrement en Roumanie la société Concordia, au capital de 650 millions de lei, productrice et raffineuse de pétrole”. Via le Crédit minier franco-roumain, des intérêts français étaient liés au “Creditul minier de Bucarest, l’une des plus grandes affaires pétrolifères roumaines au capital de 630 millions de lei, exploitant tout le cycle : production, raffinage et commerce”. Le “capital français” régissait la société “Petrol Block” via la Starnaphta. La Redeventza française, filiale de la Redeventza roumaine au capital de 300 millions de lei, était “propriétaire de paquets d’actions des sociétés roumaines Forajul, Pacura Roamesca, pétrolifère roumaine”. “La société romano-belge de pétrole a[vait] la majeure partie de son capital de 350 millions de lei classée dans des portefeuilles français”. “On rel[evait] encore des intérêts français dans d’autres organismes roumains des moindre importance : Apostolake, Vulcanesti (filiales de la Société financière franco-belge des Pétroles), Pétroles de Moreni, Victoria, etc.” Les objectifs n’étaient pas moins ambitieux dans l’ensemble de l’Europe occupée."

p. 233 :

" Laval, complice de Mirabaud et Champin

“M. Laval ne s’occupait pas exclusivement de son pays ; d’accord avec certaines autorités allemandes, il s’intéressait, dans un but de bénéfices personnels, à la cession de divers intérêts français à des groupes allemands”. Laval ne négligea certes pas cette façon de gagner de l’argent avec les Allemands : selon le journal britannique Reynolds News, il aurait entre autres (notamment des biens juifs), pour faire grossir sa fortune déjà considérable avant-guerre, vendu au prince allemand Josiah de Waldeck-Pyrmont, “un des hommes les plus riches d’Allemagne”, chef de groupe SS nommé en 1941 par Hitler “contrôleur économique ne France occupée”, “la majorité des parts de la Compagnie des eaux de Vichy, qui était propriété de l’Etat français” contre “une commission d’un million de livres”. Corrompu et pourvu de “parts dans toutes les industries dirigeantes”, certes ; mais pas seule coupable de la cession de Bor, pour 1,8 milliards de francs d’occupation [...]."

p. 443 :

"Attention à ce milieu de la grosse industrie. Ils ont un esprit de caste qui passe bien avant leur patriotisme."

p. 446-447 :

"[...] les travailleurs forcés français dans le Reich “signal[ai]ent que les bombardements alliés touch[ai]ent surtout les villes et la population civile et laiss[ai]ent intactes les banlieues industrielles”. Cette “inquiétante efficacité” ulcéra la population française elle-même victime et témoin du fréquent contraste entre quartiers ouvriers en ruines et usines sauves. Elle souleva contre les Américains des torrents d’“indignation”, de “fureur” et de “haine” qui inquiétait les gaullistes dans les moins précédant le débarquement du 6 juin 1944. [...] Des sans grade devinaient pourquoi l’usine Winterhall d’Eifenach (près de Cassel), qui “passe pour marcher avec des capitaux allemands, anglais et américains”, n’avait pas été bombardée ; pourquoi “les usines Krupp n’ont presque pas été touchées”. Ici [à Dantzig] c’est d’ailleurs pareil, ils doivent avoir des actions ; pourquoi “les usines Ford de Cologne n’ont jamais été touchées par les bombardements”, etc.

[...] “dans certaines parties de l’opinion ouvrière qui a été durement frappée par les raids”, on estime “que les capitalistes anglo-saxons ne sont pas mécontents d’éliminer les concurrents commerciaux et en même temps de décimer la classe ouvrière et de la plonger dans un état de détresse et de misère, qui lui rendra plus difficile après la guerre la présentation de ses revendications”. Les ouvriers ne sont pas seul “à se demande[r] si ces raids mis sur le compte des nécessités militaires ne visent pas à une destruction de l’industrie française à l’avantage des exportateurs américains” : ingénieurs et contremaîtres posaient la même question, comme “bien des gens”, qui n’étaient pas “magnats de l’industrie”. “Les Anglo-Saxons” ne bombardent que les “usines de transformation”, alors que la frappe des hauts-fourneaux (dont aucun n’avait été touché) les paralyserait toutes en les privant de manière première : ils “agissent comme s’il craignaient de voir finir la guerre trop vite”. En particulier, le bombardement de septembre 1943 des usines Renault, qui certes travaillent pour les Allemands mais pas plus que les autres, “fait admettre” l’objectif américain, “à la faveur d’une guerre qui n’est en somme que d’ordre économique, (...) d’éliminer un sérieux concurrent pour l’après-guerre sur les marchés européens”. Taittinger résuma la situation le 28 mars 1944 devant le conseil municipal de Paris : “les bombardements ne touchent pratiquement en rien les possibilités allemandes”."

pp. 447 à 449 :

" Guerre et avenir des cartels internationaux : une question taboue ?

En novembre 1944, l’avocat Allen Dulles, chef de l’Office of Strategic Services (OSS), s’installe à Berne, où il ne se cantonna pas au renseignement politique et militaire et à l’action politique : il était comme son frère John Foster associé de “Dulles, Sullivan and Cromwell”, principal cabinet américain d’affaires internationales, intimement lié à la finance allemande, notamment à la banque anglo-américano-allemande Schröder (propriété en Allemagne du baron von Schröder [...]), dont Allen Dulles demeura jusqu’en 1944 directeur officiel de l’établissement de New York ; à la banque Dillon Read and C°, spécialiste des emprunts allemands d’avant-guerre aux Etats-Unis dirigée par le général-banquier William Draper Jr (chef, en 1945, de la division de l’économie de l’OMGUS, avec pour adjoint R. E. Mc Connell, dirigeant de la General Aniline and Film (GAF), filiale américaine de l’IGF). Lada-Mocarski, “consul américain en Suisse”, était vice-président de la banque Schröder.

La “Dulles, Sullivan and Cromwell” défendait entre autres les intérêts de la GAF, dont l’IG Chemie, filiale suisse d’IG Farben, “possédait 91,5% des actions par le truchement (...) de la National Bank of New York et de la Chase National Bank” ; de Ford, dont l’usine à Cologne formait le fleuron de la couronne européenne ; de SKF, symbole d’une union germano-suédo-américaine protégée des aléas de la conjoncture : en vertu d’accords postérieurs à la Première Guerre mondiale (ainsi en 1928-1929), SKF servait de couverture “suédoise” à l’allemande Vereinigte Kugellagerfabriken AG ou VKF (60% de la capacité nationale totale de roulements à bille) dont elle détenait formellement 99,7% du capital. John Foster Dulles représentait aux Etats-Unis les frères Wallenberg, Markus et Jakob, dirigeants de SKF et de l’Enskilda Bank, banque du groupe et actionnaire de nombreuses sociétés allemandes. L’Américain William L. Batt, président depuis 1923 de “SKF Industries”, dont les énormes usines de Philadelphie rivalisaient avec celles du siège suédois de Göteborg et de Schweinfurt, fut nommé vice-président du bureau de la production de guerre : atout précieux pour le groupe que ses dirigeants avaient discrètement “américanisé” depuis 1940. Le sévère Enemy Act prohibant à l’entrée en guerre tout commerce avec l’ennemi fut donc violé dès l’entrée en guerre des Etats-Unis, et plus encore quand Stalingrad posa la question de l’après-guerre.

[...]

Ces intérêts communs suscitaient des va-et-vient fréquents entre les Vieux et Nouveaux Continents, “voyages d’affaires en Allemagne” omniprésents dans la correspondances et les passeports de John Foster Dulles : très actif dans leur réorganisation à la veille d’un conflit certain, celui qui représentait dans les années 20 et 30 les “porteurs [américains] d’emprunts allemands” se rendit chaque année à Berlin de 1933 à 1939. Les puissances de l’Axe et surtout l’Allemagne reçurent des alliés anglo-saxons à l’heure de la défaite assurée, via les neutres, Suisse, Espagne, Suède, Portugal, etc., des produits stratégiques, acier, pyrites de fer, pétrole. Les informateurs gaullistes le constatèrent, parfois s’en indignèrent en des termes jugés trop rudes."

p. 562 :

"Dans aucun domaine pourtant, Vichy ne précéda le capital privé. Il cautionna des décisions arrêtées en dehors de lui [...]."